jeudi 8 octobre 2015

Ce n'est pas Uber qui a tué le salariat, mais le socialisme.




Résultat de recherche d'images pour "Uber précarisation"

L'Ubérisation de l'économie est le nouveau terme à la mode. Son usage s'est répandu comme une trainée de poudre, signifiant pour certain l’émergence révolutionnaire d'un nouveau mode de travail qui embrasera le monde, alors que pour d'autres, il est synonyme d'une nouvelle ère de précarisation ubiquitaire et extrême.

L'Ubérisation, ou ce concept d'échanges directs entre particuliers de biens ou de services par le biais des outils numériques rendraient obsolète le bon vieux travail salarié, avec son code du travail, ses cotisations sociales, ses syndicats, ses statistiques, ses luttes de classe, son burn out, ses harcèlements, ses arrêts de travail et ses maladies professionnelles.

 Exit tout ce cosmos dont le lexique marxisant nous a baigné pendant prés d'un siècle.

A citer Marx au passage, on ne peut alors que penser à sa théorie sur les modes de productions qui sont les fondations de l'organisation sociale de nos Cités. La latifundia romaine et ses masses serviles ont laissé leur place aux seigneurs féodaux et au moulin à vent qui furent ensuite balayé par les premières manufactures et l'émergence de la machine à vapeur, suivi de prés par l’électricité. Et ainsi on constate que Marx avait tort, le système capitaliste du 19e siècle avec ses masses ouvrières et son travail à la chaine  n'était pas la dernière étape avant l’avènement du communisme et la paradis su terre ; il avait oublié Uber et son nouveau mode de production.

Mais on imagine mal Uber être la porte d'entrée vers le paradis socialiste.

Au contraire il semblerait d’après la presse, qu'Uber, ou plutôt le modèle de travail qu'il propose, et par extension ce terme regroupe aussi l'usage plus fréquent des travailleurs indépendants ou auto-entrepreneurs, détruise le modèle salarial et ses acquis dit sociaux. Uber serait la tête de pont d'un nouvel ultra-libéralisme débridé.

Et justement, si on analyse ce phénomène Uber par la lucarne libérale, on se rend compte qu'il n'y a rien de révolutionnaire.

 Au contraire, le travail à la Uber n'est qu'un type de contrat de travail.

Dans un univers où les contrats de travail se font de gré à gré, comme ce fut le cas au XIX siècle, le contrat à la Uber ne se distingue en rien avec un autre contrat de travail,  si ce n'est dans sa forme. Mais dans le fond il repose sur les droits de propriétés privées où deux individus au moins se mettent d'accord pour contractualiser des échanges de services ou de biens. Rien d'exceptionnel. Les termes du contrat ne font que varier.

Mais dans notre monde dirigiste où les contrats de travail sont très réglementés et rigides ; Uber donne un avantage décisif.

En effet, si le travail à la Uber connait un tel essor aujourd'hui ce n'est pas uniquement par son développement rendu possible par les nouvelles technologies, mais aussi par la possibilité qu'il offre aux individus de s'affranchir des règles rigides du code du travail. Uber n'est qu'un échappatoire à cet ensemble de réglementations qui offrent privilèges et avantages à tout un tissu de corporations.  Il profite quelque part d'un vide juridique. C'est en cela qu'il devient révolutionnaire, car il bouscule des systèmes sclérosés qui empêchent la destruction créatrice si chère à Schumpeter.

S'il n'y avait pas eu ces réglementations protectrices, le travail à la Uber aurait certes connu un essor, mais à sa mesure, ne provoquant que quelques remous, comme toutes ces innovations qui trouvent leur place sans crie d'orfraie dans la société. Et quand au salariat il aurait toujours une place.

Mais du moment où il y a des rigidités dans une société, il existe toujours des individus qui par leur imagination, vont tenter d'utiliser des moyens pour les contourner, et cela pour le plus grand bien. Et Uber en fait partie.

Ainsi si le travail salarié donne l'impression d'être menacé, ce n'est pas à cause d'Uber, mais à cause de ses rigidités imposées par l'idéologie socialiste.

On peut alors affirmer que c'est le socialisme qui a tué le salariat qu'il était supposé défendre, et non pas Uber.


mardi 10 mars 2015

Syriza existe en France ; c'est le FN.



Rappelez-vous, fin Janvier 2015, toute la classe médiatique se réjouissait de la victoire de Syriza aux élections législatives Grecques. Enfin les journalistes pouvaient exulter devant la victoire d'un parti de gauche, de cette belle gauche qu'ils aiment tant. Enfin une formation politique qui répond à leurs canons politiques, représentant le peuple, remplaçant la vieille oligarchie en place, luttant contre l'austérité, bien évidemment et surtout anti-libérale et anti-capitaliste, bref de la vraie gauche. Le monde journalistique de notre nation hexagonale y retrouve l'expression politique des Indignés et des Occupy Wall Street d'antan qui étaient à leurs yeux la quintessence de la révolte politique, mais qui s'expriment maintenant par les urnes.

Et, à l'image d'un Melenchon, beaucoup de représentants de cette classe médiatique peine à dissimuler leur envie de voir éclore  un printemps socialiste en Europe, avec une victoire de Podémos en Espagne, qui sera le point de départ d'un feu d'artifice socialiste, balayant les populismes d’extrême droites, soumettant la finance internationale et reprenant le contrôle d'une Europe aux mains des idéologues ultra-libérales.

Mais soyons plus réaliste. Ce fantasme Melenchonien va se briser sec, comme à la présidentielle de 2012 où l'on aurait, parait-il, entendu le peuple gronder avec le front de gauche pour ne devenir au final qu'un vague murmure sans lendemain. On en voit d'ailleurs les contours se dessiner pour les départementales de mars 2015  ; la gauche va se faire laminer.

 Mais les forces qui ont mené Syriza à la victoire électorale, cette dynamique sociale qui a conduit ce parti au pouvoir est intacte et même vivante comme jamais en France. Les commentateurs politiques ont raisons, ils risquent d'y avoir du changement.

Mais ce changement prendra un autre visage. Il aura celui de l'extreme-droite ; du FN.

Car la victoire de Syriza n'est pas celle de la gauche, mais celle du populisme, et  plus largement celle de la social-démocratie.
Cette arrivée au pouvoir de Siriza n'est pas la preuve d'un quelconque changement : c'est même l'exacte opposé. C'est la poursuite de ce qui a toujours existé ; c'est d'un conservatisme consternant.

La social-démocratie n'a pas cessé d'enfanter des partis qui révolutionneraient la politique et donneraient un nouvel espoir au peuple. Que ce soit le Front Populaire, le fascisme Italien, le Nazisme, mais aussi le Gaullisme, l'arrivée des socialistes en 81, Sarkozy avec sa rupture, Hollande avec son changement.

 Le changement : ils n'ont que ce mot à la bouche.

Mais toute la structure de nos États-providences social-démocrates rende ce changement inopérant.

 Il est vrai qu'il y a parmi le peuple, de ceux d'en bas, un désir légitime de remplacer son élite, quand celle-ci brille par son incompétence. C'est une constante à toutes les époques de l'histoire. Par le passé, au temps des monarchies, le peuple se fédérait et se rebellait, obligeant le pouvoir en place à se reformer. Mais aujourd'hui, par le biais du processus électoral, où l'on propose de changer ceux qui gouverne par d'autres soit-disant issus du peuple et supposés le représenter, cette résistance à l'oppression s'est érodée considérablement. Chaque citoyen ne se rebelle plus, mais au contraire patiente sagement jusqu'à la prochaine élection pour mettre son candidat au pouvoir. Candidat souvent issu des mêmes milieux que le précédent.

La reforme, le changement tant attendu, tarde alors à venir. Par contre l'administration, celle qui fait les rouages du système actuel reste inchangée, et elle s'étend inexorablement. Le peuple en constate les dégâts et conspue ces élites, s'indigne de leur manque d'intégrité, mais ne fait qu'attendre la prochaine élection dans l'espoir vain du changement. Il est même divisé en parti politique. Il ne représente plus une menace pour le pouvoir.

Toutefois au bout d'un certain temps les fausses alternances ne trompent plus personne et peuvent conduire à de véritables soubresauts révolutionnaires. Il devient nécessaire, pour le système en place, qu'un nouveau parti émerge en  incarnant la rupture et le changement. Il sera celui le plus en accord avec le Zeitgeist, l'esprit de notre époque, le plus fashion en sorte.

Car la social-démocratie, en plus d'amoindrir les défenses du peuple,  pervertit sa morale et son éthique. Il n'est plus question d'une vérité, d'un seul ordre moral, de principes éthiques universels, immanents, que nul ne peut contester. Puisque la démocratie représente le peuple, et qu'il doit y avoir alternance des pouvoirs, il y a alors alternance des idées, de la morale, de l'éthique, et de la vérité.

Bienvenu dans le relativisme.

Le peuple devient frivole et change d'idées comme de chemises. Et c'est au parti qui adhérera aux mieux à cet esprit du temps qui l'emportera. C'est d'ailleurs une gageure.  Ainsi populaire, porté par son époque et devenant irrésistiblement majoritaire, il attirera l'attention des élites actuelles, de tous types, et qui petit à petit se joindront à sa cause. La veille on conspuait ce parti, demain on l'adulera.

Arrivé au pouvoir, il y aura certes des modifications à la marge, des têtes seront coupées, des noms seront changés, on tentera quelques innovations,  quelques améliorations se feront sentir, mais l'essence  de ce qui fonde le pouvoir sera intact.

 Et comme ce Zeitgeist, cet esprit du temps, diffère selon les pays, comme en Europe, les partis dits populistes varient de tonalité selon leur nationalité, allant de l’extrême gauche à l’extrême droite. Chaque pays produira sa ou ses variétés locales.

C'est Syriza en Gréce, peut-être UKIP en Grande-Bretagne, Podémos en Espagne, et le FN en France.

Mais pas d'inquiétude, tous ce manège n'est qu'un vaste rideau de fumé. A ceux qui craignent cette grande vague de changement qui s'annonce dans notre Europe meurtrie par la crise et redoutent en conséquence de grands drames à venir ; je les enjoint à méditer  la célèbre réplique du Guépard de Visconti :

« Si nous voulons que tout reste pareil, il faut que tout change»





lundi 19 janvier 2015

La liberté d'expression selon la philosophie libérale

 


  L'actualité récente a fait de la question de la liberté d'expression et de son usage un sujet épineux, aussi bien sur le plan national que sur le plan international. Ses partisans se sont mobilisés en France le 11 janvier, et ce fut sans précédent par l'ampleur de cette manifestation. Toutefois  cela n'efface en rien la question douloureuse des limites et de l' encadrement de cette liberté d'expression. Le cas Dieudonné en est l'illustration parfaite : pourquoi lui, serait muselé, et non pas Charlie Hebdo, dont l’irrévérence a beaucoup en commun avec celle de l'humoriste ? Au-delà de ce cas particulier, on se rend compte  que la liberté d'expression souffre de nombreuses exceptions, y compris aux USA, pays par excellence où elle serait  la plus «libre» :  l’obscénité, la diffamation ou l'incitation à la haine y  sont sévèrement encadrés. Quand à la France ; les exceptions sont encore plus nombreuses.

En effet dans nos sociétés occidentales, où on désire ardemment préserver cette liberté d'opinion et d'expression, on en redoute aussi ses excès. Intuitivement, il nous paraît difficile de laisser s'exprimer librement des idées que l'on considère comme répréhensibles, voire pire, incompatibles avec la vie en société.

D'ailleurs nos prédécesseurs, ceux qui ont écrits la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789, ne s'y sont pas trompés. Ils craignaient déjà les abus de la liberté d'expression qui ne devait pas troubler « l'ordre public établi par la Loi» et dont on devait  « répondre de l'abus [....] dans les cas déterminés par la Loi».

Quand et dans quelle mesure doit-on laisser libre cours à l'expression des idées de chacun ? Le débat est vaste, et les interprétations différentes selon les pays.
Si l'on se réfère de nouveau à la déclaration de 1789, elle ne donne pas de limite objective et claire à la liberté d'expression. Les termes employés sont sujets à des interprétations qui peuvent varier selon les époques et les mœurs et qui immanquablement vont déboucher à des controverses quand à leur application.

Paradoxalement, la déclaration de 1789 se fondant sur la préservation des Droits naturels de chacun offrait les outils nécessaires à un encadrement juste et objectif de la liberté d'expression. Il n'était pas nécessaire d'en faire un cas d'exception, de la distinguer des autres droits.

En effet, dans la doctrine libérale, dont se revendique principalement la déclaration de 1789, la liberté d'expression n'est qu'une conséquence logique du droit de propriété privée de chaque individu, qui est in fine le droit primordial, auquel toutes les autres droits se référent.

Étant propriétaire de son corps, un individu est en droit de s'exprimer librement, d'affirmer n'importe quelle opinion sans craindre d'être agressé.

Au premier abord, on en déduirait que dans une société libérale totale, de droit privé ou anarcho-capitaliste, la liberté d'expression serait absolue. Tous les discours seraient autorisés, mêmes ceux véhiculant des messages  nauséabonds et répréhensibles. Ils ne seraient proscrits que les messages concourant à une agression bien caractérisée envers un individu particulier. Quelqu'un défendant des thèses racistes ou incitant à l'émeute contre les vendeurs de  basket ne pourrait être puni, du moment que son discours ne vise personne précisément et reste général. En revanche s'il donnait un ordre clair, qui serait le déclencheur d'une agression contre une minorité ethnique par exemple, ou le patron de telle entreprise, il serait lui-même coupable de cette agression et devrait en répondre devant la justice.

Mais c'est oublier les obligations contractuelles de la libre association que permet le droit de propriété privée. Certes les individus sont en droit de s'exprimer librement et sans contrainte dans leur propre propriété privée. Mais, en prenant un exemple trivial, comme dans un cinéma, où un contrat est passé entre le propriétaire et ses clients, ces derniers ne peuvent troubler la séance en parlant à haute voix. Ils sont pourtant limités dans leur liberté d'expression.

Dans une entreprise privée, les salariés sont souvent tenus de ne point critiquer leur employeur et sa politique commerciale. Il est même parfois interdit d'arborer les articles du groupe concurrent sur le lieu de travail, par exemple des baskets Nike quand on travaille chez Addidas.

Ainsi la propriété privée, et son corollaire les relations contractuelles, tracent une limite claire quand à l'usage de la liberté d'expression, au même titre que n'importe quelle autre action humaine. 

Le problème se complexifie dans les espace dit publics, cher à nos États, dont la possession et l'administration relèvent de concepts flous et mal limités.

Comme ces espaces sont supposés appartenir à la collectivité dans son ensemble, à tout le monde en sorte, toute personne peut revendiquer le droit de s'y exprimer librement. Mais il va de soit que cela est impossible. Aucune vie en société serait possible si les gens s'insultaient et se menaçaient quotidiennement dans la rue ou si des rassemblements se créaient de façon spontanée pour exprimer des opinions à n'importe quelle heure de la journée. Et d'autant plus si ces opinions sont contraires aux fondations morales ou éthiques de l'organisation sociale dans laquelle on vit.

 Peut-on imaginer en France une manifestation contre la liberté d'expression ? Le gouvernement l'interdirait très probablement, la considérant contraire aux lois et aux valeurs de la République. Et pourtant on empêcherait certains de s'exprimer librement.

En conséquence, c'est au gouvernement qu'incombe la tâche d'organiser et de limiter la liberté d'expression dans ces lieux publics qu'ils administrent (et même dans les espaces privés). Mais comme le gouvernement représente le peuple, les individus se sentent légitimes d'infléchir cette liberté d'expression en leur faveur, soit de façon spontané en bravant les interdits, soit par le biais du jeu politique en modifiant la loi à leur avantage.

Si les espaces publics étaient privés,  ce serait au contraire au propriétaire (ou au groupe de propriétaires) de fixer les règles qui borneraient la liberté d'expression, comme dans les cas précédents.

 Ce qui peut amener à des résultats surprenants, pouvant même être choquant aux regards de nos propres valeurs. Une communauté religieuse dont les membres sont liés par des contrats privés peut stipuler dans les clauses, qu'il est interdit d'exprimer des opinions contraires aux préceptes religieux ( ces interdits pouvant être différents selon les lieux de la communauté, dans le domicile personnel et les lieux fréquentaient par les gens ). Ou alors une communauté végétarienne interdirait ses membres de faire l'apologie de la viande.
Au contraire d'autres associations d'individus ou de  collectivité privés peuvent être très permissives, ne réprimant pas le blasphème, voire même autorisant la diffamation entre chaque membre.

Ces règles-là s'appliquent aussi à la presse et plus largement à la diffusion des idées. Dans certaines communautés, les revendeurs et kiosques à journaux seraient interdits de proposer des magazines  proscrits par les règles communautaires. L’accès à certains sites internet serait bloqué. Et selon la nature des contrats de vie en collectivité, les dispositions réglementaires varieraient.La consultation ou la vente de certains journaux ne pourraient se faire que dans les domiciles privés et non pas dans les lieux dit publics. (1)

Comme dans le cas du cinéma et des entreprises privées cités ci-dessus, la propriété privée trace clairement les limites à l'usage de l'expression et des opinions sans pour autant enfreindre la liberté de chacun. Je ne me réfère pas à la liberté d'expression mais à celle en générale, du moins dans mon cas présent, à celle reposant sur la propriété privée, et qui consiste à être libre de toute agression illégitime.

Et c'est cela qui importe : la défense de la liberté. Être contraint de ne point exprimer toutes ses opinions n'est en rien une atteinte aux libertés individuelles, tant  que les règles soient établis contractuellement sur la base de l'association volontaire ; c'est-à-dire libérales.

Cela peut paraître décevant de réaliser que la philosophie libérale, dans son application cohérente et logique, mène à de tels résultats. Mais cette philosophie fut développée pour permettre la vie en société, ce qui oblige à respecter, en plus des principes primordiaux reposant sur la propriété privée, toutes les réglés établies mutuellement et volontairement.

Nos États peinent à arriver à ce résultat car le droit privé est sans cesse en collision avec le droit public et collectiviste, qui lui ne trace pas de limite claire quand à ce que l'on peut faire et ce que l'on ne peut pas faire. D'où toutes les incohérences qui en résultent.

Des millions de gens se sont rassemblés en France pour défendre la liberté d'expression. Un jour j’espère que ce sera aussi le cas pour la liberté, tout simplement.


(1) Les amendes aux infractions seraient définies à l'avance. Toutefois, en se référant  à l'ouvrage Éthique de la Liberté de Murray Rothbard les punitions doivent être proportionnelles aux crimes. En suivant cette logique, l'expression d'une opinion, comme le blasphème,  contraire à des règles établies ne peuvent faire l'objet de châtiment physique ou de la peine de mort,. Au pire ce serait une amende financière, des restrictions non violentes ou une exclusion permanente. Par contre un individu vivant en dehors de la communauté n'a aucune possibilité de faire taire des opinions émises dans une autre communauté.

dimanche 21 décembre 2014

La grande rigolade de la dette d'Etat

Jean-Luc Mélenchon, le 2 décembre.
Notre gauchiste National émérite, Melenchon, qui a le goût des formules chocs, considèrent que la dette de l’État français ; « c'est de la rigolade » . Notre trublion s'est empressé de faire référence à un membre des économiste atterrés, un certain Michel Husson, qui considérait comme stupide de faire un parallèle entre la  dette d'un État et celle d'un ménage ou d'une entreprise. Selon cette éminence ; un «  État renouvelle constamment sa dette et peut le faire puisqu'il est à priori (sauf crise exceptionnelle) immortel ».

Inutile d'aller plus loin dans les réflexions de ce personnage. Nous avons un cas patent d’idolâtrie étatique. C'est une maladie très répandu, mais malheureusement peu diagnostiquée.

D'abord, il est vrai qu'il est stupide de comparer la dette d'un État avec celle des particuliers ou d'une entité privée telle une entreprise. Les niveaux de responsabilités n'ont rien a avoir, et même la nature du produit est totalement différente.

Quand un État contracte une dette, cela se fait par l'intermédiaire de ses agents, c'est-a-dire les hommes d' États (fonctionnaires ou élus) qui n'engagent ni leur responsabilité ni hypothèquent aucun de leur fond personnel, mais à l'inverse engagent l'argent du contribuable, qui n'est pas le leur. Et point important, lors du remboursement du crédit en question, ils pourront ne plus être au même poste et seront remplacés par d'autres.

Mieux encore, qui remboursera la dette ? Les contribuables. Mais qui sont-ils ? On ne le sait pas véritablement. On se réfère à la masse des contribuables, dans son ensemble. Aucun d'entre eux n'a conscience d'avoir, par le biais de l'État, contracté une dette. Se sentent-ils obligés de remplir les termes de contrat ? Ils peuvent quitter le pays, refuser de payer les impôts ou se révolter.

En fait, le prêteur confie son argent à des individus qui en rien n'engagent leur responsabilité, et promettent le remboursement de cet argent ( avec intérêt) par les rentrés fiscales issue d'une masse de contribuables qui n'ont pas véritablement conscience d'avoir à rembourser un quelconque prêt. Dans le privé, un contrat avec de tel terme est inconcevable. 

Le seul point, dans ce contrat opaque, qui rassure les prêteurs ; c'est le monopole de la violence dont dispose l' État et qui lui permet lever des impôts ( mais aussi la propagande étatique et une législation qui encourage/oblige les prêteurs). Ils font confiance à l' État pour faire main basse sur les biens des particuliers en toute circonstance.


La vidéo suivante nous apporte un bien bel éclairage



Et c'est bien cela qui au contraire rend la dette d' État très dangereuse et instable.

Le fait de s'imaginer que quoi qu'il arrive l' État est pérenne et ne peut pas faire faillite, car c'est une éventualité qui n'a jamais été considéré comme possible dans la tête de nos ayatollah Étatique, aggrave paradoxalement son risque de faillite. Car ses agents, s’imaginant à leur tour immortel, réduiront au maximum toute attitude prudentielle. Les prises de risques et les décisions court-termistes seront démultipliées et la faillite de l' État deviendra un véritable cygne noir qui fera vaciller tout le système.

D'ailleurs Husson évoque tout de même cette possibilité, par un aveu en mettant entre parenthèse  un « sauf crise exceptionnelle » quand il énonce l'immortalité de cet État. Et par définition une crise est exceptionnelle.

Le fait que l' État tire ses revenus de l'impôt n'arrange pas les choses. Les impôts ont un caractère destructeur sur la société réduisant rapidement ses ressources et a moyen terme  les rentrées fiscales. Ce qui l'oblige à soit augmenter ces impôts ou à lever de la dette qui sera remboursée par des impôts futurs. Dans tous les cas la nocivité de l’impôt perdure et s'accroît et l' État s'affaiblit, rendant difficile le remboursement des dettes.

La dette de l' État est un outil dangereux pour la société dont abuseront, sans vergogne les Hommes de l' État pour arriver à leur fin. Elle se fonde sur un outil de spoliation massif, l'impôt, et dont les termes ont été signé par une entité, l' État, qui ne représente véritablement personne, si ce n'est un concept abstrait qu'est le peuple. Ses termes et son taux peuvent être manipulés à loisir, par des ordonnances ou des lois, et ceux qui vont, par la force, la rembourser ne seront peut-être pas les mêmes que ceux à l'époque où elle a été contracté.

Les sub-primes en  comparaison sont bien plus fiables.

Dans ces conditions, Melenchon a raison ; il vaut mieux en rigoler qu'en pleurer.








vendredi 5 décembre 2014

Certains percoivent l'impôt comme de l'extorsion de fond




Un sondage, en cette période d'ultra-matraquage fiscale, révèle que pas moins de 37% des Français considèrent l'impôt comme une extorsion de fond. Intéressant en cette période où  se multiplie les signes patents de révoltes à l'encontre du gouvernement et de sa politique.

 Je ne me réfère pas aux pathétiques et sirupeux mouvements rebellocrates, portés par des groupes, tels les syndicats (CGT, FO et SUD en tête) qui ont fait croire durant des décennies que notre pays abritait de courageux résistants à l'oppression capitaliste et réactionnaire, sauvant ainsi l'âme corrompue de notre nation. Ainsi on pouvait s'imaginer, et avec soulagement, qu'en France il existe des consciences en alerte pour nous protéger des vilains en tous genres.

Je me réfère plutôt à ces petits mouvements, qui ont fleuri un peu partout, certains éphémères, d'autres  pérennes ; les pigeons ou les bonnets rouges d'hier; les pendus, les patrons cadenassés ou le mouvement des libérés de maintenant. Chacun avec ses spécificités, mais ayant en commun un écœurement des charges fiscales et sociales  qui pèsent sur l'économie française. Un trop plein d'État.

A cela vous ajoutez des sondages qui confirment une tendance grandissante pour une réduction du périmètre de l'État, et cerise sur le gâteau, ce sondage où presque 40% des sondés voient l'impôt comme une simple extorsion de fond. Il y a de quoi faire rêver un libéral.

La lucidité gagnerait le peuple de France ? Cela reste à voir.

L'impôt est en effet de l'extorsion de fond : rien de plus, rien de moins. C'est une violation des droits de propriétés privées. Par la force, même avec la plus subtile, l'État extorque de l'argent à ses citoyens. Point final. C'est du vol pur et simple. L'impôt c'est l'équivalent noble et sophistiqué du racket mafieux.

Tous les discours qui consistent à le faire passer pour quelques choses d'aussi nécessaire que l'air que l'on respire ne sont que propagande pour gagner l'adhésion de ses victimes. L'impôt n'est pas plus nécessaire que le monopole pour permettre la vie en société.

Certes, aujourd’hui, en l'état actuel, il serait utopique de l'abolir du jour au lendemain ( et pourquoi pas après tout, ne l'a-t-on pas fait avec l'esclavagisme ? ), mais au moins il faudrait que nos consciences bienveillantes, nos lanceurs d'alertes, nos résistants bien-pensants, s'indignent de son existence et de son usage démentiel par l'État.

Ne sommes-nous pas concernés par l'usage que fait l'État de la liberté d'expression, de la justice ou de sa force armée ?
Nous savons dans ces domaines respectifs que l'État peut être dangereux.

Alors pourquoi n'est-ce pas le cas avec les impôts ? Pourquoi l'impôt échappe-t-il à cette vigilance ? Pourquoi n'y-a-t-il pas un tax watch international, ou un contribuable sans frontière ( il existe Contribuables associés en France) ? La seule chose dont on s'indigne dans les médias c'est de ne point payer l'impôt, légalement ou illégalement. On devient alors un traître à la patrie, un citoyen indigne, un parasite vivant au crochet des autres.

Si cette tendance se persiste dans l'opinion, j'entends déjà les politiques et sociologues de tous poils s'alarmaient devant cette érosion du consentement à l'impôt.

Qu'il y ait trop d'impôt d'accord ! Mais qu'il soit perçu comme pour ce qu'il est vraiment ; du vol, c'est trop dangereux pour la caste au pouvoir.

Car finalement nos Hommes d'État se retrouveraient soudainement nus comme le roi dans la fable.