mercredi 5 décembre 2012

Ce que cache le crédit impôt


















La nouvelle arme que le gouvernement a brandi pour combattre le chômage et relever la compétitivité des entreprises a pour nom "crédit d’impôt". Son application est complexe et pour les plus courageux wikipedia vous en détaillera le fonctionnement.

Peu importe, la mesure consiste à diminuer les charges qui pèsent sur les entreprises. C'est une baisse des impôts. Et un libéral devrait s'en réjouir.

Mais ce qui est inquiétant n'est pas la mesure en elle-même, positive, mais le vocable utilisé, crédit, dont un simple examen suffit à révéler des implications d'ordre philosophique et éthique.

 L'État ferait crédit aux entreprises. Si l'on se réfère à la définition originale du mot crédit, l'État prêterait-il de l'argent aux entreprises ?

Évidemment que non. L'État prend moins d'argent aux entreprises. Mais selon ce point de vu original ; ce qu'il leur prend en moins, il leur ferait crédit. Un peu comme si cet argent n'appartenait pas à ses propriétaires légitimes, mais fut donné par l'État.

Il ne fait pas oublier que l'impôt est une appropriation par la force du bien d'autrui.

 Et si l'on s'amusait à généraliser ce principe jusqu'à ses ultimes retranchement, l'État ferait crédit de tout ce que l'entreprise ne paye pas en impôt.

Dans cette optique l'entreprise ne serait pas le propriétaire légitime de ses biens. Ce qu'elle dispose n'est que du à la bonne volonté de l'État. Ce principe est même applicable au particulier. Ce qu'il ne paye pas en impôt lui a été donné ou crédité par l'État.

En fait l'État serait l'unique propriétaire de tous les biens du territoire dont il aurait la charge. C'est l'abolition pure et simple de la propriété privée, en théorie.

Alors qu'auparavant on considérait l'impôt comme une arme dangereuse, pour certains un mal nécessaire, violant le droit de propriété privée consacrée par notre déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, aujourd'hui la totalité de ce que l'on posséderait serait de facto et en toute circonstance imposé, dont une partie par la bénévolence de l'État nous serait crédité. Et d'ailleurs un crédit implique un remboursement avec intérêt.  Imaginez tout ce que l'on doit à l'État.

Mon propos est à dessein exagéré. Je doute que le gouvernement actuel soit dans une quête marxiste d'appropriation et de collectivisation de tous les biens de ce pays, en témoigne les déclaration d'Ayrault lors du débat sur la possible nationalisation de Florange dont il qualifia le procédé d'expropriation.

Mais l'usage du mot crédit nous en apprend beaucoup sur la façon dont nos technocrates perçoivent le monde et les relations qui les unissent à ceux qu'ils gouvernent : nous leur sommes à jamais débiteur de tout ce que nous faisons et de tout ce que nous possédons.




mercredi 14 novembre 2012

Mais au fond, qu'est ce que la compétitivité ?















Nos industries françaises manquent de compétitivité, on nous le répète sans cesse, et c’est malheureusement exact. Inutile de revenir sur ce constat alarmant.

Ce qui me dérange est la façon dont on nous présente le problème.



Car pour gagner en compétitivité, il faudrait baisser le coût du travail en réduisant les charges sociales qui pèsent sur nos entreprises. Le manque à gagner serait compensé par un accroissement de la TVA. Peu importe la méthode utilisée, dans les discours transpirent l’exigence d’un sacrifice qui doit être consenti par nos salariés pour sauver nos industries et in fine notre nation hexagonale.

Mais cette vision d’un marché mondialisé, perçu comme une arène, où seul les plus forts survivraient, les entreprises dans ce cas précis, et dont le succès dépendrait du degré d’abnégation de ces employés, n’a rien d'enthousiasmant.

On renoue avec cette idée que les gains des uns se font aux dépends des autres. Sauver nos industries exigent de sacrifier les intérêts des travailleurs. On ne cesse de prendre en exemple la politique de modération salariale des allemands. Ils auraient consentis à des efforts, insupportable, voire obscène aux yeux des français, pour le salut de leur industrie.

C’est assez déprimant au fond.


Je ne vais pas revenir sur la nécessité de baisser le coût du travail pour que nos entreprises soient compétitives. Je ne vais pas non plus défendre les mesures préconisées par Hollande ; elles sont trop insuffisantes, et même contre-productives (comme la hausse de la TVA). Toutefois je vais tenter de démontrer en quoi la compétitivité d’une entreprise est bénéfique pour la société sans l’être aux détriments des salariés. En fait c’est l’exact opposé. Elle contribue réellement à l'accroissement des salaires.

Mais avant tout, comment considérerons-t-on qu’une entreprise est compétitive ? A quel aune mesure-t-on cette compétitivité ?

La réponse est assez simple : Une entreprise est compétitive quand elle fait du profit. Et comment réalise-t-elle ce profit ? Quand elle satisfait la demande de ses clients.

Cette satisfaction du consommateur est la raison même de la production. On ne produit des choses que pour satisfaire la demande de ces consommateurs. Et les entreprises les plus compétitives sont celles qui parviennent aux mieux à réaliser cet objectif. Ce n’est que par ce processus d’amélioration de la production et donc de la satisfaction de la demande, que le niveau de vie peut progresser. Il n’y pas d’autres alternatives. Cela a permis de rendre disponible aux plus grand nombres des biens destinés auparavant à une minorité.

Ainsi les entreprises sont en concurrences les unes avec les autres pour notre plus grand bien. On peut oser affirmer que les moins performantes sont éliminées car elles ne sont pas en mesure d'améliorer le niveau de vie des consommateurs.

Et comme les salariés des entreprises sont aussi des consommateurs, ils en bénéficient pleinement. Et cela même si leur salaire n'augmente pas nominalement. La diminution du prix des services produits suffit à accroître leur pouvoir d’achat.

L’exemple le plus frappant pour illustrer aux mieux ce mécanisme est celui de la téléphonie mobile. Aujourd’hui pour 10 euros par mois vous bénéficiez d’un service qui en valait 100 deux ans auparavant, et cela sans augmentation de salaire nominale.

Ainsi assurer la compétitivité d’une entreprise pour un salarié, ce n’est pas gager son propre salaire et niveau de vie, mais c’est au contraire l’améliorer. Attention je ne prétends pas justifier une baisse des salaires à tout bout de champ, celui-ci est fixé par l’offre et la demande et d’ailleurs dépends de cette compétitivité. Mais comme l’expliquait Mises quand il décrivait l’extraordinaire progrès qu’a connu notre civilisation aux 19e siècles.

“Le fait saillant à retenir de la révolution industrielle est qu'elle a ouvert l'époque de la production massive pour les besoins de la multitude. Les salariés ne sont plus désormais des gens qui ne peinent que pour le bien-être de quelques autres ; ils sont eux-mêmes les principaux consommateurs des produits qui sortent des usines. Les grandes affaires dépendent de la consommation de masse. [...] Aveuglés par leurs préjugés, beaucoup d'historiens et d'écrivains sont passés sans le voir à côté de ce fait fondamental. D'après eux, les salariés se fatiguent pour le bénéfice de quelqu'un d'autre. Ils ne se demandent jamais qui sont ces « quelqu'un d'autre ».”

Maintenant vous avez compris qui sont ces "quelqu’un d’autres".

La compétitivité n’est pas ce dilemme où l’on doit faire un choix entre l’intêret de nos industries et celui de leurs employés. Cette compétitivité concoure aussi bien aux succès de nos entreprises qu'au niveau de vie des travailleurs (et des employeurs).



samedi 27 octobre 2012

Le mythe de l'Etat-providence

















Pour les libéraux, l’un des maux qui foudroie littéralement notre pays, qui le ronge de l’intérieur tel un cancer, qui l’embourbe de façon quasi-définitif dans la crise, est l’État-providence.

Mais sans surprise ce diagnostic, sans appel, n’est pas partagé par la majorité des gens, et encore moins par nos élites. Au contraire, il est plutôt question de sauver notre État-providence, de le préserver, de le sauvegarder, au mieux de le refonder. A croire que c’est le combat de notre époque, l’enjeu civilisationnel qui déterminera le sort et le salut de notre pays. La seule chose qui vaille la peine que l’on se batte pour.

Et cela coûte que coûte, au prix même d’un déficit abyssal. Car dans l’esprit de beaucoup, sans les services pourvus par cet État-providence, la situation serait pire. La majorité des gens seraient privés de retraites, de couvertures santés et d’une éducation gratuite. La cohésion sociale se fissureraient, les demagogismes prospéreraient sur ce terreau de misère et notre démocratie serait en péril.

Il est alors évident, qu’endoctrinées par une telle propagande, les populations de France, mais aussi du reste de l’Europe, ne font pas preuve d’un enthousiasme délirant devant les cures d’austérités. Pourquoi voudraient-ils se priver de services dont seul, selon la croyance populaire de notre époque, l’Etat-providence serait en mesure de fournir ? Pourquoi voudraient-ils se séparer de ce qui les enrichissaient quotidiennement ? A quoi bon faire tous ces efforts, si ce n’est que pour devenir plus pauvre ?

Tant que ce mythe de l’Etat-providence pourvoyeur de richesse durera, jamais les gens ne voudront y renoncer. A contre-coeur ils accepteront les mesures d’austérités, qui d’ailleurs en rien ne solutionnent le problème, puisqu’elles ne remettent pas en cause la nature même de ces États-providences.

Il est nécessaire que les libéraux  fassent acte de pédagogie et expliquent en quoi l’Etat-providence détruit plus qu’il ne crée de richesses. Le fait même qu’il soit déficitaire dans toutes ses branches devrait démontrer à lui tout seul son caractère nocif pour la collectivité.

En effet, en prenant un exemple caricatural, mais qui peut marquer les esprits, si avec de quoi produire dix tomates, on ne produit que huit tomates, on n’a rien produit. En réalité on a détruit du capital, et on se retrouve appauvri. A ce rythme on finira par mourir de faim. Et cette règle s’applique à tous les processus de production, sans distinction. C’est irréfutable et inéluctable.

Alors par quel mystique l’Etat-providence devrait échapper à cette règle ? Pourquoi les services qu’il produit s’affranchiraient des lois économiques ? Certains économistes poussent le vice jusqu’à prétendre que son déficit est un investissement à long terme dont le coût ne peut se comparer à celui des entreprises privées. La rationalisation dans ce domaine ne semble pas connaître de limites.  

Mais il faut être clair sur l’ennemi. L’Etat-providence, et cela en dépit de ses bienfaits apparents et de ses prétendus objectif de lutte contre la pauvreté et la précarité, provoque encore plus de pauvreté et de précarité. Se battre pour l’Etat providence,c’est en fait se battre pour plus de misères. Réformer l’economie de notre pays pour le sauver, c’est nourrir le cancer qui le tue à petit feu.

Ce serait comme en reprenant mon exemple précèdent, encourager les gens à produire huit tomates avec de quoi en produire dix. Un acte suicidaire. Une mort lente programmée.

Le problème est que les effets nocifs de l’Etat-providence ne se font pas sentir immédiatement, mais à plus longue échéance, étalés dans le temps, diffusés dans l’espace, sans que l’on puisse identifier clairement le coupable. Au contraire ces effets “ bénéfiques” se font ressentir immédiatement. C’est un peu comme l’aphorisme de Bastiat sur ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas. On voit les services rendus par l’Etat Providence, ils sont même glorifiés par tous les médias, mais on ne voit pas (immédiatement) ses dégâts sur l’ensemble de la société, mis souvent sur le compte d’autres personnes.  


Le propos peut paraître radical, sans concession, mais nécessaire pour proposer une alternative. Sans quoi on se retrouve comme un Romney, bien incapable de proposer une alternative à Obamacare.

Avec ce constat on comprend mieux les ressorts de notre crise, qui ne sont pas qu’économiques. Il n’est pas uniquement question de PIB, de taux directeurs, de taux d'investissements et de profits, de balances commerciales et d’indices manufacturiers. Les indécisions et les incertitudes qui habitent nos élites et nos médias viennent de l’impossibilité conceptuelle d’imaginer autres choses que l’Etat-providence. Nous vivons ainsi une crise idéologique majeure.


Mais dans toute crise se trouve l'occasion inespérée de se remettre en cause et de pouvoir aller de nouveau vers l'avant. J’espère que celle-ci sera l'occasion d'une révolution intellectuelle qui sauvera notre pays.

En ces temps difficile, je me permets une petite note d'optimisme.

jeudi 30 août 2012

La régulation libérale de la société



















Le mot déréglementation (dérégulation en anglais) est un de ceux les plus employés pour qualifier une politique libérale. Ces détracteurs ne se privent pas de le reprendre, et cela d'une manière clairement péjorative,en dénonçant l'inanité du libéralisme, qui prétend qu'abroger certaines règles dites contraignantes (dans le domaine économique principalement)  les hommes d'eux-mêmes, par je-ne-sais-quelle-grâce (celle de la liberté ?) se réguleraient aux mieux.

Et si les adversaires du libéralisme, que je qualifierais d’étatistes, gagnent un certain succès dans leurs attaques, c'est qu'ils jouent avec un sentiment  partagé par une majorité de la population et qui est légitime : l'envie de vivre dans une société pacifique régie par des règles.

En effet les gens, et ce qui est bien normal après tout, ne peuvent imaginer une société sans règles. Ce serait à leurs yeux la loi du plus fort et de la jungle. Le loup serait dans la bergerie ! Cela va de soi.

 Et démontrer que mettre un terme à ces règles, par la déréglementation que prônent des libéraux, améliorerait l'organisation de la société, aurait de quoi, dans ces conditions, de ne pas uniquement susciter le scepticisme de certains, mais à juste titre l'hostilité de beaucoup. Les libéraux apparaissent alors aux mieux pour de doux rêveurs, au pire pour de dangereux utopistes, mais qui dans tous les cas se distinguent par leur méconnaissance de la nature humaine.

Alors que faire pour réhabiliter le libéralisme aux yeux des masses ?

Simplement en bannissant des discours le mot déréglementation. Peut-être que ce terme, en son temps avait un sens, comme celui de la main invisible ou de laisser-faire à l'époque mercantiliste. Il résonnait dans le coeur de ceux qui aimaient par dessus tout la liberté, et en saisissaient le véritable sens.

Mais aujourd'hui ce terme a une connotation péjorative, à l'encontre de ce que les gens pensent être bien. Il provoque immédiatement une résistance de l'auditoire, imprégné de propagande Étatiste, trop ancrée dans les esprits pour être surmontée, et que trop peu arrive à briser par les démonstrations moderne qu'offre la théorie de l'ordre spontanée et de la catalaxie. Trop long, trop complexe. Tenter de le combattre, c'est aller à contre-courant de notre époque.

Tant que les gens imagineront que l'État c'est le droit et les règles, et le libéralisme son anti-thése, jamais ils ne laisseront convaincre. Et c'est bien naturel, puisque personne ne veut vivre dans une société de chaos.

A mon avis,  il en va ainsi de l'avenir du libéralisme, et c'est même un devoir pour les libéraux de s'adapter à son époque et aux mentalités de celle-ci. Ironiquement, n'est-ce pas ce que nous enseigne la théorie du marché, répondre à la demande du plus grand nombre ?  Ne faut-il pas parler la langue de notre époque, comme le proclamait François René-Rideau dans un de ces articles?

Et de plus employer les armes de l'adversaire contre lui-même serait redoutable et le prendrait à contre-pied.

Démontrons aux étatistes que ce qu'ils prônent dérégulent l’économie, et que les libéraux veulent au contraire la réguler.

Dans un article, Ron Paul, le candidat libertarien du GOP, a employé cette méthode en se défendant qu'il ne voulait pas déréguler l'économie, mais la réguler par le marché en lieu et place par l'État. Il a, à juste titre, employé le mot réguler qui fait l'adhésion de beaucoup. L'erreur, à mon avis et que même cet exemple peut prêter à confusion et laisser du champ aux adversaires du libéralisme. Par l'usage du mot marché, il renvoie toujours à cette idée d'une auto-organisation, qui par magie fonctionnerait, et cela indépendamment de toutes règles clairement établies. Elles se mettraient en place par cette fameuse main invisible. Trop de grains à moudre pour les étatistes.

En réalité, le libéralisme est éminemment régulateur. Il est l'application de règles strictes et clairement énoncées à tous les hommes. Ces règles n’apparaissent pas par magie ou de nulle part. Elles ne s'auto -édifient pas d'elles-même. Elles furent découvertes progressivement, et validées par le raisonnement logique et la preuve philosophique. Elles sont bien présentes et entendables par tous et se résument, grossièrement, au principe de non-agression où la violence est proscrite en dehors des cas de légitime défense.

 Et tout groupe, y compris l'État, qui les violent, sont coupables de déréglementer la société et de provoquer l'anarchie et la loi de la jungle. Et la chose est pire avec l'État, car ses attaques, ne sont même pas vécues par ses agents comme illégitimes ! Ils pensent bien faire et au contraire instaurer l'ordre et réglementer la société.

 Ainsi le libéralisme a pour but ultime de rétablir un ordre qui a été violé par des interventions d'État.  Elle doit démontrer que les contraintes mises en place par l'État, ne sont pas des règles, mais des actes de violence qui entravent ces règles de vie en société. Si ces contraintes étatiques, apparaissent comme des règles, c'est qu'elles en revêtent la forme, en ayant leur constance, une soit-disante légitimité, celle du peuple ou du droit naturel, et qu'elles prétendent assurer l'ordre de la société en réglementant. En réalité elles seraient réprouvées par la majorité, si elles étaient pratiquées par un individu lambda et non pas par l'État.

Les Étatistes, au moyen de leur soit-disante réglementation, ont ôté toutes les contraintes qui s'appliquent aux hommes de l'État. Ils se retrouvent, eux et leurs alliés (les grands groupes par exemple) libérés de tous les carcans sociaux qui permettent une vie en société. Pour le coup, ce sont les étatistes qui ont déréglementé et ont provoqué ce qu'ils craignent par dessus-tout d'une politique libérale ; c'est-à-dire le désordre.

Ainsi quand un libéral, veut déréglementer, selon son vocable, une activité économique, c'est qu'il veut en réalité restaurer l'ordre, et au contraire mettre un terme à des actions qui, elles, relèvent de la dérégulation, comme l'entendent les étatistes.

Il est temps que le libéralisme reprenne à l'État ce qui lui a toujours appartenu légitimement ; c'est-à-dire d'être la seule véritable norme de régulation sociale.








jeudi 16 août 2012

L’ambiguïté idéologique de Paul Ryan.

















Paul Ryan, le nouveau champion des républicains, instigateur d’un audacieux plan de redressement budgétaire des USA, dénommé The Path to the Prosperity, a été choisi comme co-listier par Mitt Rommey.  Il est l’une de ces nouvelles figures médiatiques qui ont bénéficié de la montée des Tea Party ; ce mouvement populaire qui s’est distingué, à la notable différence des Indignés, par son parti pris anti-taxe et anti-État.

Les réactions du camp opposé ne se sont pas fait attendre, et après la lecture de ce plan détaillé et qualifié par beaucoup d’audacieux, ou de néolibérale par Le Monde, les démocrates ont accusé Mitt Romney, par ce choix, de planifier la démolition des programmes sociaux américains en les privatisant ; Medicare en première ligne.


Alors quand on est un libéral et que l’on s’apprête à explorer minutieusement ce plan, on se réjouit d’avance à lire un plaidoyer vibrant, sans concession, pour l’abolition des monopoles sur la santé et la retraite. En somme, ce serait le point d’orgue de cette contestation populaire qui a fait vibrer les coeurs des amoureux de la liberté.


Et bien démocrates et socialistes de tout poil, soyez rassurés, vos peurs sont infondées. Car après avoir passé en revue les étapes d’une réforme fade aux contours confus, on découvre avec stupéfaction dans une profession de foi, noir sur blanc, de la main de ce soit-disant héraut du libéralisme, que ce qui l’anime à porter haut et fort ce plan auprès des membres du Congrès, ce plan qui provoque les foudres de la gauche, et qui romprait clairement et à jamais avec ce socialisme rampant qui nuit à l’Amerique, ce plan, il l’a concocté dans le seul et unique but de sauver Medicare...


Et c’est ainsi que l’on est saisi de vertige par la profondeur de la confusion idéologique qui règne dans le camp Républicain.


Car n’est-ce pas au nom de la liberté d’entreprendre et des contrats, devant mettre un terme à cette gabegie financière, que le mouvement Tea party s’est érigé contre Obamacare et son obligation à tous de contracter une assurance santé ?


N’est ce pas Medicare, par son organisation monopolistique et coercitive, qui est à l’origine de ces problèmes endémiques que sont la réduction de la qualité des soins et la hausse constante de leurs coûts, participant ainsi à la dette et au déficit abyssal dont souffre les USA ?


N’est ce pas pour mettre un terme à Medicare et non pour le sauver que tous ces gens se sont rebellés et ont balayé avec la force d’un tsunami la classe politique Républicaine ?

Car s‘il en va ainsi d’Obamacare et de son aspect coercitif, nuisible pour la communauté, ne devrait-il pas en être de même pour Medicare, qui n’est au fond que l’ancêtre du premier ?

Il faut croire que non.

Ayn Rand ne s’y trompait pas quand elle affirmait que lors d’un débat dont les contradicteurs ont la même idéologie, le plus cohérent l’emportera.


Si c’est pour sauver Medicare, autant voter Obama.


Il est celui qui, au USA, se fera toujours le meilleur avocat de l’État-providence, et non pas les Républicains qui semblent naviguer entre deux eaux.


Mais ces Républicains, naviguent-ils vraiment entre deux eaux ? Sont-ils réellement écartelés par deux courants antagoniques en tous points ; le socialisme et le libéralisme ?


Des éléments de réponse se trouvent dans ce rapport ( tirés d'un article du magazine Reason ). Il est certes plus libéral que les idées d’Obama : on y évoque la perception d’un chèque pour s’affilier à un prestataire de soins, privé et approuvé par l’Etat, mais d’ici 2022, rien en substance pour le Social Security, un budget  en équilibre d’ici 2065, c’est-à-dire aux calendes grecques, et les éternels promesses de baisse des impôts et des dépenses.


Mais une chose demeure  ; l’État. Il reste, indéfectiblement, inexorablement, l’acteur principal. Il contrôle et organise tout. Il veille au bon déroulement des opérations. Certes, il prend de la hauteur et lâche du lest en privatisant . Il s’est modernisé en tolérant le marché ( tant que cela sert ses intérêts), mais il en contrôle les paramètres principaux et garde le dernier mot sur tout.


C’est une mutation du socialisme que l’on a déjà constatée dans les pays communistes où l’on a saupoudré de libéralisation l’économie pour sauver ce qui subsiste de l’élite en place. Soit en s’affirmant toujours et fièrement communiste, comme en Chine, soit en revêtant les oripeaux des démocraties nationales et sociales-démocrates, comme en Russie. C’est du néo-socialisme, et surtout de l’esbroufe.


Paul Ryan sauverait-il sa place par ses réformes ? N'oublions pas que cette nouvelle figure de changement et de rupture a des antécédents politiques : approbation des programmes No Child Left Behind et TARP (programme de sauvetage des banques) et, surprise, de Medicare Part D expansion. Son ambition de sauver Medicare remonte à loin. On peut lui faire pleinement confiance dans cette mission.


Finalement on ne peut que se désoler de la prédominance métastique des idées de gauche dans tout le spectre politique. Il n’y a aucun salut en dehors de l’État. Ce principe est tellement ancré en ce qui concerne la santé et la retraite, que même ceux se réclamant du libre marché, ne peuvent les imaginer totalement débarrasser des interventions étatiques.


Et curieusement le salut vient des adversaires des Républicains, qui leurs montrent la voie à suivre, en les accusant, et à tort, de vouloir abolir Medicare par des privatisations.


Alors il serait temps que le GOP,pour une fois, se montre à la hauteur de la réputation que lui font ses détracteurs et décide une bonne fois pour toute de se battre pour abolir Medicare et consort.





lundi 30 juillet 2012

The Dark Knight Rises au crible libéral.















Il n'est pas dans mes habitudes de vouloir à tout prix extirper au forceps un message politique dans une oeuvre populaire ; libre à chacun d'en faire sa propre lecture. Et d'ailleurs, en reprenant Tolkien, ce qui détermine la qualité d'un récit, n'est pas de dominer le spectateur/lecteur par une allégorie marquée au fer rouge, mais au contraire de pouvoir y exercer en toute liberté son propre imaginaire. Toutefois, après la critique de Telerema de The Dark Knight Rises,  j'ai quand même voulu rentrer dans l’arène des interprétations politiques et philosophiques, histoire de me confronter au journal populiste du socialo-bobo des centre-villes. Et pour le coup je vais me faire plaisir. Mais attention nulle référence au drame qui  a marqué le lancement du film ; ce serait hors de propos et indécent. Je préviens aussi le lecteur que ce que je vais écrire par la suite dévoile des éléments clefs de l'intrigue.

Selon Telerama, un "sous texte politique douteux"  alimenterait le récit, ce qui a valu à Nolan, le réalisateur, d’après la démonologie gauchiste du journal, le titre de réac'.  On lui reproche "son culte d'un État policier droit dans ses bottes",  issue d'une"'obsession sécuritaire inhérente à la BD d'origine", mais pire encore, une représentation des Indignés peu glorieuse dépeinte comme une "foule  déchaînée, effrayante, prête à acclamer le premier forcené venu pourvu qu'il prône le partage des richesses" . Alors que l'on sait les Indignés les héros des temps modernes pour ce journal bien pensant.


Le reproche de magnifier l'Etat policier est de mauvaise foi. Il nous est plutôt dépeint souvent comme inefficace, corrompu, à peine distinguable des organisations criminelles qu'il combat. Il fonde son succès par un mensonge ; les crimes d'Harvey Dent, l'ancien procureur et héros de Gotham, sont portés par Batman pour ne pas entacher l'image de ce chevalier blanc. Mais cette stratégie montre ses limites, et se révèle désastreuse quand l'imposture est dévoilée en plein jour. Le mensonge ne paie pas ! Le prometteur sergent Blake, prénommé Robin, quitte la police, écoeuré par ses méthodes et suit les traces de son idole. On ne peut pas dire que cet État policier est représenté comme droit dans ses boites ; il y est plutôt vacillant, embourbé dans une fange de corruption inexpugnable. Et Nolan ne semble pas atteint d'une obsession sécuritaire où il verrait la force comme l'ultime recours. Il questionne sans cesse les buts de Batman, qui tente de palier aux déficiences de cet État. Aussi bien notre héros, que la police s’interroge sur les limites de leur actions et la légitimité morale de leurs moyens. C'est en fait un thème qui sous-tend l'ensemble des trois films. Comment faire respecter le droit et la justice ? 


Ce que reprouve Telerama, ou n'apprécie guère, c'est l'usage de la force pour faire respecter ce Droit ( du moins en filigrane). J'imagine bien que pour le journal, la force n'a de légitimité que quand elle est dans les mains des opprimés et des sans-grades, qui dans un élan romantique révolutionnaire veulent mettre à bas l'oppressant système capitaliste. Et c'est d'ailleurs la deuxième remontrance faite au film par Telerama. 


Non pas que Christopher Nolan soucieux d'ancrer son film dans le réel, par authenticité, nous montre Gotham non plus comme Chicago, mais comme New-York, la Mecque de la finance. La crise est passée par là. Il dénote le contraste entre la classe riche des financiers et la misère de la majorité. Déséquilibre qui selon Selina Kyle, alias Catwoman, incarnée par Anne Hathaway, mènera à la tempête, dont on imagine des lendemains chantants lugubres. Nolan n'accuse personne et ne fait que poser le décor.

Mais ce qui agace Telerama (jusque là il devait être plutôt d'accord) c'est quand Nolan filme cette fameuse tempête comme une simagrée de révolution, menée par un effroyable personnage, Bane, à la tête de mercenaires fanatiques, aux allures de Guevaristes endiablés, et qui clairement, mais implicitement, proclame l'abolition des droits de propriétés privées. On assiste à des scènes de pillages et d'expropriations, mais aussi à l'établissement d'un tribunal populaire aux jugements expéditifs, dont la mise en scène m'a rappelé l'adaptation du Procès d'Orson Welles et dont l'absurdité m'a évoqué celle de Brazil de Terry Gilliam. Au sommet d'une pile de paperasserie trône le psychiatre Jonathan Crane, qui se délecte de son rôle de juge et qui ne se prive pas de rappeler qu'il prononce ses jugements, ni au nom de Bane, ni au nom de quiconque, mais uniquement au nom du peuple. On comprend mieux l’exaspération du journal devant cette critique à peine voilée des idéologies collectivistes.


Et Nolan en rajoute une couche. Cette fièvre révolutionnaire, aux spasmes meurtriers, est doublée d'un nihilisme profond, marque de notre époque. Car pour Bane, nulle utopie en vue, aucun paradis sur terre a réalisé, il a le mérite de ne pas être dupe. Il poursuit le but de la League of  Shadows de purifier le monde de cette scorie, qu'est Gotham, comme elle l'avait faite pour Rome par le passé. Le monde renaîtra de ses cendres, et le cycle recommencera jusqu'à la prochaine purification. Nul espoir pour le genre humain, condamné à répéter les erreurs du passé et à ne jamais sortir de ses vilaines ornières ; à l'exception des membres de la League of  Shadows, qui eux seuls, en bons millénaristes, sont les élus initiés d'un savoir inaccessible au commun des mortels et qui rétabliront la balance des choses par une nouvelle purification massive. Cela résonne avec notre époque, où l'homme semble être condamné pour beaucoup à rester un loup pour lui-même, et trop souvent devant cette impasse morale, qui n'offre aucune perspective réjouissante, la destruction serait la seule issue envisageable.


Bane, cette masse de muscle, devient alors l'incarnation de la force et de la violence, brute et crue, seule véritable agent de la coercition et du pouvoir, et non pas l'argent, comme on aime trop à le croire. C'est ce qu'apprend au prix de sa vie Dagget, un financier véreux qui croyait avoir autorité par sa fortune sur le méchant du film.


Voilà pour les exégèses. 


Plus généralement, j'ai trouvé la réalisation du film bonne, et là où je suis d'accord avec Telerama, est que Nolan a le don d'alterner scènes d'actions de grandes envergures, la première scène est époustouflante, et scènes plus intimistes. Toutefois je trouve qu'il n'a pas su réitérer l'exploit du précédent opus, où cette alternance se faisait sans anicroche, avec harmonie et qui avait rendu ce film si singulier. Dans ce troisième volet, et probablement le dernier, il y a comme un dissonance qui se dégage. Nolan s'est contenté de faire du Nolan à minima. La succession des scènes est plus chaotique et moins fluide. Et l'ensemble au final est paradoxalement trop lisse et trop carré.

Et enfin dernier point, on peut à nouveau se délecter de cette sempiternelle odyssée, que l'on retrouve dans les films américains, et qui fait écho à l'optimisme de ce peuple, où notre héros, broyé, écrasé, n'abandonne pas, et retrouve l’énergie nécessaire et l'espoir pour se surpasser et accomplir sa quête. Toute cela baigné, culture chrétienne oblige, dans une atmosphère de repentance, Gotham doit expier pour ses péchés, Bruce Wayne souffrir, symbolisée pour ma part par ce sigle enflammé de Batman, visible par tous, sur la façade d'un pont, signalant son retour (sa résurrection) et qui m'a fait furieusement penser au christ sur la croix ( je force un peu : plaisir personnel de l'interprétation).

Mais on se doute bien que notre héros aux oreilles de chauve-souris, après s'être fait déplacer une vertèbre par Bane et jeter dans une fosse, ne va pas tendre l'autre joue, au grand dam de Telerama.


Aventure avec Christian Bale et Tom Hardy et Anne Hathaway et Marion Cotillard et Joseph Gordon-Levitt et Michael Caine et Gary Goldman et Morgan Freeman (2h45min)





vendredi 20 juillet 2012

Communauté coercitive contre communauté libre : le vrai débat aux USA.



Obama a de nouveau créé la polémique quand il a considéré que " si vous dirigez une affaire, vous ne l'avez pas crée de vous-même. Quelqu'un d'autres a rendu cela possible". Peu étonnant que ces propos aient suscité l’émoi, ce fut une attaque contre l'un des credos fondateurs des USA : l'esprit d'entreprise et le mérite personnel. Et il a étayé cette position en revenant sur cette rengaine des investissements de l'État,  dans l'éducation, la recherche ou les routes par exemple,qui  rendent possible ces multiples réussites entrepreunariales dont se vantent en tout égoïsme les patrons. En somme, gare entrepreneurs, tous les louanges de votre succès ne vous reviennent pas exclusivement, n'oubliez pas le reste de la société, n'ignorez pas toutes ces millions de petites mains anonymes qui ont contribué dans l'ombre à votre réussite. Si on prend un peu de recul, vous n'y êtes pour pas grand chose.


Un article du New-York Times considère ces propos comme la révélation de la vraie dichotomie, de nature philosophique, qui sous-tendrait la lutte entre les Républicains et les Démocrates pour la présidence des USA. Deux visions opposées de ce qui  serait à l'origine du succès des USA. L' initiative individuelle contre l'initiative collective (véhiculée bien évidemment pour cette dernière par  l'État ). Et c'est cette vision du monde qui serait en jeu pour ces présidentielles.

En fait cette attaque d'Obama remet sur le tapis les reproches trop souvent entendus contre les libéraux,  qui dans leur défense effrénée de l'individu oublieraient la communauté dans son ensemble, l’intérêt général et le bien commun. Ce serait une vision égoïste de la société, qui  appliquée à la lettre conduirait immanquablement au chaos. C'est le caractère anti-social du libéralisme qui le rend utopique et peu convaincant au final. Il oublierait que les hommes vivraient en société.

Pour remettre les pendules à l'heure, l'idéologie libérale, qui prône le principe de non-agression et le droit de propriété privée, a pour but ultime d'assurer la vie en société. C'est même l'idéologie sociale par excellence. En effet, car le simple fait de se poser la question de ce qu'un individu à le droit ou n'a pas le droit de faire à autrui,  question fondamentale du libéralisme, ne peut se poser que dans le cadre d'une société, où les individus veulent vivre ensemble. C'est un truisme ! La question  ne se pose pas pour Robinson Crusoe seul dans son île, la-bas nul questionnement éthique, uniquement des modalités pratiques à surmonter.

Prétendre que le libéralisme est antagonique avec la communauté, voire un déni de celle-ci, est un non sens, puisqu'elle tente justement de réduire les conflits entre ses membres et d'assurer leur coexistence pacifique. De permettre en sorte à la communauté d'exister.

Le principe de non-agression en est l'exemple patent. On imagine mal une vie en collectivité où l'agression entre individus serait encouragée (à l'exception de la légitime défense). Les droit de propriété privée ont pour but de déterminer objectivement qui à un droit exclusif quand à l'usage des biens dont on sait la quantité limitée sur notre monde, ce qui est source de conflit.

Le libre-échange, corollaire directe de cette théorie, encourage la division et la spécialisation du travail, qui permet ainsi à tout un chacun de collaborer dans la production des biens et des services. Il est indéniable qu'aujourd'hui aucune production se fait en autarcie mais est le produit d'innombrables échanges. En quoi cela serait-il anti-social ? Au contraire ce phénomène de coopération volontaire incite chacun à se lancer dans des lignes de productions utiles aux autres. Je dois répondre aux besoins des autres, et en échange les autres doivent répondre aux miens. Il va de soit que les réussites des uns dépendent largement des autres, mais en fait il faut plutôt parler d'un ensemble de réussites personnelles dont les intérêts s'accordent mutuellement. 

Que certains en tirent un mérite personnel ? C'est un droit que l'on ne peut pas dénier. D'ailleurs Obama ne va-t-il pas se vanter que grâce à son action, en tant que chef des USA, il prétend sauver le pays ? Et 
étant responsable devant le peuple, il portera la responsabilité de sa réussite ou de ses échecs. Après tout s'il échoue, va-t-il aussi accuser ce professeur du public qu'il a cité dans son discours ? Probablement pas. Alors pourquoi en serait-il autrement avec les entrepreneurs ?


Que les libéraux portent aux nues l'individualisme est une évidence. La question du droit ne se pose qu'entre individus. Les ensembles tels que les États, la nation, les entreprises, les associations, ne sont que des étiquettes pour désigner des modes de relations entre individus. Même s'ils semblent agir comme animés par une propre volonté, ils ne sont que le fruit d'un ensemble de volonté individuelle. Cela nous renvoie à la notion d'initiative individuelle décriée par Obama, l'expression est pléonastique. Il n'y a d'initiative que individuelle. 


Mais peut-être est-ce à dessein qu'il attaque cette idée ? Probablement pour éclipser l'individu aux dépends du groupe qui semble primer dans son idéologie holiste.


Alors maintenant que j'ai démontré que l'individualisme, défendu par les libéraux, est ontologiquement communautaire et collective au sens large du terme. Qu'elle est la véritable différence entre les Démocrates et les Républicains ? Qu'elle est, en reprenant la terminologie de Mao ( un collectiviste dans l'âme pour le coup) la contradiction secondaire qui se développe à l'ombre de la principale (entre individu et collectif dans ce cas) ? Puisque toute les deux idéologies prétendent au mieux organiser la société, c'est donc dans la façon de faire qu'elles se distinguent. 


Il ne faut pas oublier que ces contributions invisibles aux succès individuels qu'Obama a tant rappelées étaient toutes d'origine Étatique. L'organisation sociale par excellence fondée sur la coercition par son monopole de la violence. L’initiative individuelle tant vantée par les Républicains est privée et repose principalement sur le libre échange. 


Et voilà, nous touchons du doigt le point crucial ; c'est dans cette distinction fondamentale que se fonde réellement le débat, même si elle n'est pas apparente, entre une organisation sociale fondée sur la coercition et le groupe et celle fondée sur la libre-association et le primat de l'individu. Et c'est là que réside le vrai clash philosophique entre les deux partis, pour reprendre le titre de l'article du New-york times, et non pas entre individualisme et collectif.


Et même si Obama nuance son discours en n'oubliant pas les individus et leurs initiatives individuelles, c'est en vain qu'il tente de concilier les deux visions, car comme nous le rappelle Bastiat "il est deux principes qu'on ne saurait concilier: la Liberté et la Contrainte".




jeudi 12 juillet 2012

Ce que PSA et Amazon nous révèlent de la nocivité de nos hommes d'Etat.

PSA supprime 8000 emplois, le gouvernement veut taxer d’avantage Google, Amazon et Apple. Deux nouvelles dans les média qui, pour le libéral averti, sont clairement les symptômes patents d’une maladie dont souffre notre nation française ; l’interventionnisme d’État, et de son corollaire immédiat : l’anti-libéralisme.


Mais pour nos élites politiques de tous bords, et dans cet examen j’inclus le Front National qui se prétend être la nouvelle force d’opposition et d’alternance, ce diagnostic n’est pas partagé. C’est même plutôt l’inverse ; si l'on se réfère aux réactions devant l'annonce du plan social de PSA.



Tous les poncifs en la matière ont été entendus ; un véritable étalage de ce qui se fait de mieux en matière d’idéologie étatiste et socialiste. Les syndicats, comme attendus, ont renoué avec la lutte des classes en déclarant la guerre à PSA. La gauche et la droite ne se disputent que sur des broutilles, mais dans le fond ne proposent que les mêmes solutions. La dernière s’indigne de la suppression de la TVA sociale, supposée panacée au problème de la perte de compétitivité de nos industrie Françaises, et elle réclame, oh surprise, en poussant des cris d'orfraie, un nouveau plan de soutien massif. La gauche ne déçoit pas non plus, en plus d'innovateurs plans de soutien promis par le redresseur Montebourg, elle s’interroge sur le bon usage des subsides publiques dont le groupe à bénéficié, oubliant toute l'irresponsabilité qu'une telle mécanique engendre, et sans grande surprise quand on est acculé, fait appel au patriotisme économique . Et comme point d'orgue, en synthèse de ces ribambelles d'indignations bien ordonnées et convenues, Marine Le Pen fustige l’ultra-libéralisme de l’Europe. A croire que chacun s’est concerté en avance sur les rôles à jouer, du moment que le libre-échange est vilipendé et que l’État soit considéré comme la seule solution possible.

Moins médiatique, mais non moins pertinent, est le projet de taxer Amazon, Google et Apple, les fleurons de l’economie dite dématérialisée, dont les services sont toutefois bien matériellement ressentis par les consommateurs, et pour leur plus grand bien, et qui, de par leur situation, échappent aux impôts français. Horreur et damnation. Et en plus Amazon va créer 500 emplois.



Voilà d'affreuses entreprises qui irritent nos haut-fonctionnaires et ministres de tout poil : elles réussissent et elles échappent aux griffes destructrices de l' État. Alors les Montebourg, les Pellerin, les Cahuzac et les Moscovici, lors d'une grande mondanité ministérielle, en plus de plans de soutien lancés à la volée, s'irritent du manque à gagner ; ce qui n'est pas plus mal au vu de l'usage que ces gens font de l'argent des autres, regardez PSA. Mais passons ! Alors ils parlent d'équité fiscale, et de "territorialiser" l'impôt. Il n'est pas question de l'abaisser à un taux irlandais, mais de l'harmoniser (par le haut) sur l'ensemble de l'Europe, pour mettre un terme à toute concurrence, et de pouvoir exercer en toute quiétude la prédation inhérente à l' État. 


Ces deux nouvelles sont les deux faces du même mal qui ronge la France


D'un côté nous avons une industrie qui échoue malgré les aides et les supports de l'État, et de l'autre côté nous avons une industrie qui réussit en passant outre l'État. 


D'un côté nous avons l'incarnation caricaturale de ce qui se fait de mieux en matière d' économie mixte où l'inceste entre privé et public est consommé, et de l'autre côté ce qui se fait de mieux quand des entreprises connaissent le succès en se détachant au mieux de l'État par le contournement de ses règles absurdes et iniques. 

D'un côté nous avons des hommes d'État qui veulent rempiler dans de nouvelles interventions publiques en ignorant leurs échecs sans cesse répétés, de l'autre côté ces mêmes hommes d'État qui jalousent un succès malgré eux et qui veulent le faire payer. 


Mais surtout, ce qui est le plus flagrant ; d'un côté nous avons l'échec en période de crise, de l'autre côté la réussite durant cette même période de crise.


 Dans tous les cas c'est le client, le consommateur, le citoyen, et j'en passe, qui a le dernier mot et qui plébiscite ce qui lui est le plus utile, quoi qu'en dise les hommes dÉtat. 


Et c'est ce qui agace ces derniers, car dans ce constat sans appel, on perçoit leur inutilité et leur nocivité éclatante et criante. Il leur est insupportable de réaliser que la prospérité et la réussite se fait sans eux, aux dépends de leur violence, voire pire, à leur détriment.

Malheureusement ils ne peuvent que persévérer dans leur folie interventionniste, au risque de se désavouer, et ils le feront tant qu'ils auront encore de l'argent des autres à dépenser et des foules pour les croire utiles. Et quand on apprend que des investisseurs prêtent à la France à des taux négatifs ! Ils ne seront décidément pas prêts d'arrêter.



jeudi 21 juin 2012

Le capital : l'unique moyen de redresser notre production.















Ces derniers temps, il n'est pas rare d'entendre, lors de discussions qui ont trait à l'économie, que les nouvelles technologies, les économies d'échelles, la concurrence de l'étranger, en réduisant les effectifs dans les différentes industries, feraient bondir le chômage, ce qui aurait pour conséquence malheureuse de mettre en difficulté ces mêmes industries par manque de clients.


Et ces discussions s'achèvent trop souvent sur cette conclusion lapidaire et d'une originalité folle : par une recherche démesurée et effrénée de profits, en réduisant les effectifs ou en délocalisant, ces entreprises sont entrain de scier la branche sur laquelle elles sont assises.


Il est vrai que si les entreprises n'ont pas de débouchés, c'est-à-dire qu'elles n'ont plus de clients en capacité de payer, elles feront faillites. Il faut donc que ces clients aient un travail ou plus largement un revenu, si on compte les entrepreneurs et les indépendants dans leur rang. Conclusion logique.


Si on examine les choses d'un peu plus prés, et que l'on veut être cohérent, chose rare aujourd'hui, cela revient à dire qu'avoir un revenu pour acheter un service ou un bien, c'est échanger le produit de son travail contre un autre bien. Un produit contre un produit en somme.  L'argent n'est dans ce processus qu'un intermédiaire. Il ne sert qu'a fluidifier les échanges.


En conséquence tout consommateur d'un bien doit être le producteur d'un autre bien. Et ceci paraît plus évident si on se place du point de vue théorique de deux individus seuls dans une île déserte.


L'un, A, produit des habits qu'il échange avec son compère B, contre de la nourriture. Si A cesse de produire des habits (il meurt par exemple), B sera bien embêté avec cette nourriture en trop, qu'il avait produite pour l'échanger. Il devra alors cesser de faire exclusivement de la nourriture, et devra aussi se lancer dans la confection des habits. Mais n'étant plus spécialisé dans une production, il sera moins efficace, car il devra faire a la fois des habits et de la nourriture ;  son niveau de vie s'effondrera (qui d'ailleurs ne devait pas être bien élevé dans ces circonstances quasi-autarciques).


Pour que B soit en capacité de ne faire que de la nourriture, il faut qu'il y ait une autre personne qui fasse des habits. Condition nécessaire de la division du travail. B doit avoir un débouché, quelqu'un à qui échanger son bien contre autre chose : à qui le vendre en d'autres termes.


Pour qu'une entreprise puisse vendre ses biens ou ses services, il faut que d'autres entreprises vendent des biens ou des services.


Dans une économie de marché, c'est un fait implacable et irréfutable.


Si une entreprise licencie des employés, par exemple dans les suites d'une mécanisation, alors ceux-ci en effet doivent se lancer dans une autre ligne production pour produire un autre bien qu'ils échangeront ,indirectement, avec ceux de leurs anciennes entreprises.


En conséquence il faut que les conditions soient réunies pour qu'il y ait création d'entreprises, car celles-ci permettront par leur production d'assurer l'avenir des autres.


Et pour qu'il y ait création d'entreprise, un capital de départ est nécessaire, aussi bien sous forme matériel que sous forme monétaire, peu importe, cela revient au même. Le capital aussi abstrait qu'il peut nous apparaître dans les comptes rendus de la bourse, représente au final des choses tangibles ; ce sont les  locaux, le matériel et le salaire des employés que l'entreprise va payer pour produire ce qu'elle va vendre dans un futur proche ou lointain. Avant même de constituer son chiffre d'affaire par ses ventes, elle doit disposer de tout cela, de la même manière qu'il faut disposer d'outils pour produire les premiers habits.


La constitution du capital est vitale, et si elle rendue difficile, par des impôts par exemple ou des réglementations nombreuses, alors les créations d'entreprises seront moindres, et il y aura moins de débouchés pour les autres.


En fait je viens d'esquisser à gros traits, ce que l'on appelle une politique de l'offre, qui consiste à produire et  que Jean Baptiste Say théorisa dans son Traité d’Économie Politique. Il expliqua que pour assurer les débouchés aux entreprises, stimuler la demande en sorte, il fallait, non pas amplifier celle-ci de façon factice par des dépenses d'État, mais inciter à accroître la production en générale.


"dans tout état, plus les producteurs sont nombreux et les productions multipliées, et plus les débouchés sont faciles, variés et vastes."

Après cette brève explication revenons aux torts que l'on reproche à notre société moderne.




Est-ce à cause des nouvelles méthodes de production que le chômage progresse et que par manque de débouchés notre système va-t-il s'effondrer de lui-même ? L'histoire nous prouve le contraire , et d'ailleurs ces nouvelles machines sont  aussi produites et sources de travail et de revenu. Ce sont des débouchés.


Est-ce à cause de la concurrence des chinois, qui est jugée déloyale ? Comme je l' indiquais ci-dessus, la multiplication de la production est favorable à tous.


L'origine de notre mal, qui affecte cette industrie en manque de redressement, engendrant la monté du chômage et appauvrissant  les débouchés  de ce qui subsiste d'activités , ne serait-il pas lié à un État dispendieux dont les dépenses publiquent avoisinent les 60% de PIB et les impôts 50% ?


Ne serait-ce pas autant de capitaux potentiels qui pourraient assurer des débouchés aux autres entreprises ( aussi bien nationales qu’étrangères)? Et ainsi résorber le chômage ? Par ces dépenses somptuaires l'État détruit les moyens nécessaires à la production. Il organise la pénurie de capitaux.


Il est  facile, pour nos politiques et nos hauts fonctionnaires, de vilipender l'étranger, la nouvelle technologie, le libre-échange et la mondialisation, au lieux de se remettre en cause. Ils sont comme les prêtres d'une vieille théocratie chancelante, jaloux de leur pouvoir, aveuglés par leur dogme, qui rejettent sur le dissident aux idées nouvelles l'origine des malheurs qui affligent le peuple tout entier. 


Si l'on doit donner un conseil à Montebourg pour redresser la productivité de notre pays, c'est de capitaux dont on a besoin, et rien d'autres. 




jeudi 14 juin 2012

L'arnaque keynésienne

Devant les grands bouleversements à venir, il y a fort à parier que nos technocrates de tout poil vont se lancer de nouveau dans de grands plans de relance keynésien ; normal,  ils ne savent faire que ça. Et même si un  François Hollande prétend  redresser la situation sans dépenses publiques supplémentaires,  annonce passée totalement inaperçue dû à des remous conjugaux dignes d'une mauvaise série sud-américaine, les moyens qu'ils proposent, les project bonds ou les Euro-obligations entre autres, relèvent toujours de cette même doctrine keynésienne.


Il est important d'expliquer en quoi consiste cette doctrine et d'en démontrer le charlatanisme, et même si je ne suis pas le premier à le faire ; le répéter, au risque de lasser et d' ecoeurer les lecteurs relève du salut public.


Pour étayer mon explication, je vais l'illustrer avec un exemple imagé, caricatural certes, grossièrement caricatural même,  mais nécessaire pour mettre en lumière l'absurdité de cette théorie. C'est bien le seul moyen de marquer les esprits.


Prenons un épicier, dont l'affaire soudainement, et peu importe les raisons, est sur le point de faire faillite par manque de clients.


Il décide alors de quémander l'aide du gouvernement, qui de façon autoritaire oblige le boulanger d'en face à vendre du jour au lendemain son propre commerce. Il doit tout liquider : son local, son four à pain, tout son capital matériel qui contribue à la réalisation de son travail. Son entreprise a disparu, mais il se retrouve toutefois avec une somme d'argent considérable. Puis le gouvernement s'empare de cet argent et en dépense l'intégralité chez l'épicier, non pas en une seule fois, mais de façon fractionnée tous les jours, jusqu'au dernier centime.


L'épicier, on s'en doute, voit son affaire repartir : il est de nouveau bénéficiaire, à un tel point qu'il peut même engager le boulanger, qui n'avait alors plus de travail. Mais quand le gouvernement a dépensé tout cet argent ; c'est de nouveau la crise.


En conséquence l’épicier et l'ex-boulanger réclament encore l'aide du gouvernement. Celui-ci ne trouve pas mieux d'obliger le coiffeur d'en face à vendre aussi son affaire. Puis il dépense l'argent de cette vente de nouveau chez l'épicier, qui en plus du boulanger, engage aussi le coiffeur quand ses affaires reprennent. Jusqu'à ce qu'il n'y ait plus d'argent encore une fois.


Et le gouvernement répète le même procédé ; avec le buraliste, le boucher, le menuisier, le plombier, le chauffagiste etc..etc. Mais comme on peut s'en douter, la situation ne s'améliore pas, au contraire elle empire à chaque intervention du gouvernement, car la société s'appauvrit. En détruisant tous ces corps de métiers, les uns après les autres, leurs services, nécessaires à tous, disparaissent. L'épicier a bien beau conserver son affaire, tous les autres commerces se sont volatilisés, ils n'en profitent plus et en conséquence son niveau de vie s’effondre, ainsi que celui de ses employés. Que peut-il bien faire avec cet argent ? Chez qui le dépenser ? Où va-t-il trouver le matériel nécessaire pour faire tourner son affaire ? Dans une autre ville, mais cela lui reviendrait plus cher.


C'est cela le keynésianisme. Il détruit progressivement, à petit feu, les moyens de productions ; le capital comme on dit.


Bien évidement dans la réalité, jamais l'État n'emploierait un procédé aussi grossier qui aux yeux de tous paraîtrait sorti tout droit d'un esprit demeuré. Mais quand il s'applique à faire ses fameux "plans de relance", c'est ce qu'il fait : il puise dans le capital, aussi bien financier que matériel de la société en général, par des moyens détournés tels la dépense publique, financée par l'impôt ou la dette, ou l'inflation, provoquée par du crédit bon marché,  pour sauver quelques entreprises. Il relance leur activité, qui un temps connaît une belle embellie, mais qui s’achève brutalement quand tout le capital spolié est consommé. Non seulement les entreprises se retrouvent de nouveaux en difficulté, comme au premier temps, mais  la communauté dans son ensemble en paye un prix fort. Tout le monde est perdant ; il y a destruction de richesses.


Apres cette brève explication, les récents appels à l'aide de Renault aux gouvernements peuvent paraître vains et stupides, mais surtout dangereux pour l'économie de notre pays. Après une prime à la casse, qui porte bien son nom d'ailleurs, dont les effets se sont estompés au bout de quelques années, Renaud est toujours en difficulté et redemande encore de l'aide. Le keynésianisme rend accroc aux subventions.


En reprenant l'expression de Ludwig von Mises sur l'inflation qu'il dénonçait, le keynésianisme  : c'est comme "brûler ses meubles pour se chauffer". Au début il y a de belles flammes qui nous impressionne, puis après on se retrouve avec rien.