mercredi 30 mai 2012

L'entreprise privée ; le seul vrai service public.














En prétendant ne pas vouloir déstabiliser les PME par son fameux coup de pouce au SMIC, notre nouveau Président a voulu démontrer aux yeux de tous qu'il était un responsable politique lucide et pragmatique, conscient de la nécessité d'un entrepreneuriat sain et dynamique pour la nation.

Rien de nouveau sous le soleil, l'esprit d'entreprise, et en particulier celui des petites entreprises, a toujours été loué, par tous les gouvernements, qu'ils soient de droite ou de gauche. Car c'est la meilleur arme pour lutter contre le chômage et assurer de bonnes rentrées fiscales. Un État a besoin des entreprises privées pour vivre et survivre, il doit s'en faire des alliés ( il le prétend plus qu'il ne le fait), sans quoi c'est la faillite.

Cette vision utilitariste de la libre entreprise me rappelle celle de Fleury, de Fénelon ou de Belesbat qui durant le XVIIe siècle louèrent auprès de la monarchie les mérites d'une politique de laisser faire pour ses qualités de redressement des finances et de renforcement de l'État.

Mais pour les libéraux, encourager la libre entreprise à d'autres raisons que de permettre à Bercy de recouvrir plus d'argent : c'est le meilleur moyen, le seul, d'assurer la satisfaction des besoins de tous.

La libre entreprise permet de répondre au mieux à la demande générale. Elle assure la production des biens et des services qui sont nécessaires à la communauté et dont la grande disponibilité améliorent notre niveau de vie. Elle rend ainsi accessible aux plus grands nombres des biens qui auparavant ne l'étaient qu'à une minorité ; elle fait reculer la pauvreté.

C'est le meilleur moyen de rendre service aux autres, et surtout aux plus grands nombres.

C'est aussi par ce biais que les innovations se font.

Ces qualités que je viens d’énumérer ; services rendus, recul de la pauvreté, enrichissement de la société, amélioration des conditions de vie, accessibilité à tous, ne sont-elles pas les vertus que l'on attache communément aux services dits publics ? Ne sont-elles pas les objectifs que l'État essaye d'atteindre par sa prétendue Providence ?

Les entreprises privées ne sont pas là pour enrichir l'État, elles ne sont pas des oies que l'on engraisse. Elles ont pour but de faire ce que les monopoles publics, qui malgré leurs titres pompeux et leurs buts soit-disant désintéressés, n'arrivent non seulement pas à réaliser, mais y échouent en causant du tort à toute la communauté. Dans ma virulente critique je n'oublie pas non plus les entreprises privées subventionnées.

Ces entreprises privées sont en fait le véritable service public, les seules à rendre vraiment service au public.

C'est pour ces raisons que les libéraux doivent défendre l'entreprise privée et libre, et non pas pour préserver l'État, leur mortel ennemi.

jeudi 24 mai 2012

Le Redressement productif ; notre nouvelle doctrine mercantiliste.










La plus grande surprise du nouveau gouvernement fut, à mes yeux, le ministère du redressement productif. Je ne me réfère pas au ministère lui même, qui dans les faits doit peu différer de son prédécesseur, dont le nom devait être de l'Economie, mais par cette appellation très maoisante, de redressement productif, qui ne peut que me rappeler l' époque du grand bond en avant.

En fait cela n'a rien de surprenant ; nous avons affaire ici à une concoction sémantique si typique de nos penseurs socialistes pour tenter de changer la réalité en la nommant différemment.

On imagine sans peine, avec ce nom pétri de nationalisme économique, se dresser sur nos plaines de grandes usines, crachant des volutes de fumée depuis des cheminées de fer, leurs fenêtres rougeoyant de la lueur émise par le métal en fusion,leurs entrailles résonnant du bruit des marteaux frappant le fer avec la régularité d'un métronome. Ce serait un spectacle digne des anciennes aciéries de Longwy. Et sortirait de ces temples industriels une cohorte d’ouvriers, avançant en rang serré, à pas cadencé, en entonnant un hymne à la gloire de notre industrie hexagonale.

Et nous produirions plus pour assurer le salut des générations à venir. Ce sera l'époque du redressement productif, et j'entends déjà grincer les dents des sectataires de la décroissance et des objecteurs de croissance.

Évidement les choses ne sont pas si simples. La productivité ne consiste pas simplement à suer abondamment au travail, ni à produire le plus d'unités du même bien à l'heure, ce serait trop facile. Fut-il encore que cela ait de l'utilité. Et l'utilité d'un bien ne se mesure qu'au service qu'il rend, c'est-à-dire s'il répond au final à la demande des consommateurs ; de vous et moi en somme. Et seuls eux, ces consommateurs décident de ce qui est utile de ce qui ne l'est pas. Et le processus qui détermine cela est la loi de l'offre et de la demande, qui fixe un prix au bien, et si celui-ci est supérieur au coût de production, lui même fixé par cette même loi de l'offre et de la demande, alors seulement dans ce cas la création du bien fut productive.

En somme il faut faire un profit. Et c'est bien logique, si on éprouve des pertes, c'est que l'on a rien produit. Pire, on a détruit du capital.

Corollaire amusant de cette règle : parfois on peut se lancer dans un travail long et pénible, qui pourrait sembler très productif, et en tirer un faible bénéfice, et à l'inverse engranger un grand bénéfice dans un travail plus court et aisé, alors qu'on a semblé bien oisif en comparaison. Et pourtant on fut plus productif dans le second cas que dans le premier, alors que l'on a paradoxalement moins travaillé. Le marché n'attache pas d'importance à la quantité de sueur émise.

Et ce n'est que par le jeu de la libre entreprise et du libre marché, que l'entrepreneur-capitaliste va dénicher ces opportunités de profits, en répondant à la demande des consommateurs, et les exploiter aux mieux. Par contre on peut légitimement douter que ce soit dans l'ambiance feutrée des cabinets ministériels, derrière un bureau, assis sur une chaise Louis XV, qu'un technocrate de n'importe quel acabit, ou un Montebourg bien engoncé dans ses habits de Colbert du 21e siècle, puisse à coup de circulaires, et malgré une abondance de sueurs sur le front, répondre à la demande de ces consommateurs et être en quoi que ce soit productif, et ni de loin ou de prés contribuer à ce redressement productif tant désiré. Si, dans un seul cas, s'il abstenait de faire quoi que ce soit.

Ne rêvons pas, « le laisser faire, laisser passer » n'est pas encore de mise dans notre pays et comme à l'accoutumé, la seule productivité qui se redressera sera celle des directives et des législations aussi stupides qu'inutiles, dont on verra les montagnes de paperasserie s'accumuler dans les administrations.

mercredi 16 mai 2012

Le président change, mais la fonction reste.




















On a pu assister à la passation de pouvoir entre Sarkozy et Hollande pour la présidence de la République française. Évènement majeur de nos institutions républicaines, qui symbolise cette alternance du pouvoir, par le biais de l'élection au suffrage universel, et qui fait toute la fierté de notre pays. Garde-fou des usages excessifs et immodérés du pouvoir, que l'on a trop connu par le passé chez les monarques de l'Ancien Régime.


Mais en est-il ainsi ? Est ce que l'alternance de ce pouvoir en assure un meilleur usage ?


On pourrait en douter si on lit le philosophe et économiste de l’école autrichienne Hans Hermann Hoppe, qui dans son ouvrage Democracy : The god that failed, nous démontre en quoi cette alternance des pouvoirs se révèle être dommageable pour une nation toute entière.


Alors que le monarque d'antan avait toute une vie pour régner, celui d'aujourd'hui, sous la figure du président, n'a qu'un mandat, au mieux deux. Le monarque pouvait faire fructifier son royaume dans le long terme, à la manière d'un propriétaire terrien, il devait valoriser le capital et donc se limiter dans les ponctions fiscales. Il avait une vision à long terme et le pays s'enrichissait. Le président d'aujourd'hui, s'il veut tirer parti de sa fonction, lui et ses amis, sont incités, par manque de temps, à puiser dans ce capital par des prélèvements toujours plus lourds et abusifs. Il aura une vision à court terme et le pays s'appauvrira. Quand un monarque émettait des créances, c'était de sa personne qu'il devait en répondre, alors que pour le président, le remboursement sera laissé à la charge de son successeur. Dans ces conditions on est plus enclin à s'endetter.


Et puis un monarque devait se méfier de ne point trop abuser de son pouvoir, la fronde et la jacquerie guettaient. Il se devait toujours de ménager ses sujets au risque qu'ils ne se révoltent. Dans une république, les citoyens attendront de placer leur candidat, dans l'espoir d'un changement, ainsi ils seront moins enclin à se révolter, leur résistance à l'oppression fléchit. Et quand ils auront les reines du pouvoir par le biais de leur champion, non seulement il ne diminuera pas les impôts, comme promis, mais il en tirera un profit, et si nécessaire les augmentera.


Preuve en est l'explosion des dépenses d'État, de la dette d'État et des impôts depuis un siècle, et pas uniquement en France, mais dans toute l'Europe, et de façon exponentielle depuis la fin de la première guerre mondiale, lorsque toutes les dernières monarchies traditionnelles avaient disparu et que le monde est rentré dans l’ère des démocraties parlementaires.  


Évidemment les abus étaient nombreux sous le règne des rois, mais au moins on savait à qui s'en tenir : le roi répondait de sa personne, preuve en est le destin de Louis XVI. Un président est le représentant de la volonté populaire, du peuple, c'est-à-dire de tout le monde et de personne à la fois. L'irresponsabilité est institutionnelle et les désordres parfois sont plus grands qu'à son arrivée quand il doit céder sa place, ce qui ne met en rien un terme à sa carrière, au contraire.


Constat ironique, quand on pense que celui qui a renforcé les pouvoirs du président de la Cinquième république, de Gaulle, clairement d'inspiration maurassienne et nostalgique de la monarchie, voulait en faire un nouveau roi pour mettre ainsi un terme aux désordres provoqués par les parlementarismes de la Troisième et de la Quatrième république.

lundi 14 mai 2012

Mais qui est Wolfgang Schäuble ?










L’élection de François Hollande a un mérite, elle nous en apprend plus sur la politique Outre-Rhin et ses figures éminentes qui la composent. Quelle belle ouverture sur le monde. Et tant mieux !

Car on y découvre quelques surprises, comme ce Wolfgang Schäuble, ministre des finances du gouvernement allemand, et qui semble à peine plus avenant qu'Angela Merkel. En effet il suit la même ligne d'orthodoxie budgétaire que sa patronne. Et il y a une raison à cela : son parcours personnel, qui le fit passer par l'Université de Fribourg-en-Brisgau. Et cela n'a rien d'anodin, car cette école est le siège de la pensée ordo-libérale, qui s'est développée durant l'entre-deux guerres et dont on dit qu'elle fut à l'origine du miracle allemand (terme inapproprié car cela relevait du bon sens). Elle fut portée par des personnalités telles que Walter EuckenFranz Böhm et Hans Grossmann-Doerth, mais aussi par  Wilhelm Röpke et Alexander Rüstow, et dont la revue ORDO a publié des articles de Milton Friedman Friedrich Hayek (qui a enseigné à Fribourg), Murray Rothbard et Jacques Rueff ; personnalités célèbres de l'école de Chicago ou autrichienne (à l'exception du français Jacques Rueff, libéral bien solitaire dans un monde de planistes).  

Mais attention, malgré son association au socialisme de marché, cette école ORDO, comme le dise les Allemands, et qui fait encore la part belle aux interventions d'État, serait qualifiée en France par tous les partis en vigueur d'ultra-libérale. Et dire qu'à quelques encablures de Strasbourg, se réunissait au nez et à la barbe de tous ces odieux personnages.

Plus admirable encore (ou plus inquiétant selon les points de vue), est le fait que ses tenants ont collaboré avec d'autres penseurs libéraux "plus authentiques", ce qui démontre une ouverture d'esprit, mais aussi une compréhension fine et subtile de la pensée libérale et des mécanismes du marché. 

Ce qui n'est pas rien, quand on compare le désert intellectuel qui règne en France dans les manuels d'économie où sont à peine mentionnés un Ludwig von Mises ou un Israel Kirzner, et bien sûr jamais un Murray Rothbard (Hayek et Friedman sont cités, mais en exemple de ce qu'il ne faut pas faire) . Et cela à un impact considérable sur la formation idéologique d'une élite destinée à prendre les reines du pouvoir, comme pour Wolfgang  Schäuble. Imprégné d'ordo-libéralisme, on comprend aisément pourquoi il ne donne aucun crédit aux plans de relance et considère l'assainissement budgétaire comme la seule voie du salut. Keynes n'est pas sa tasse de thé.

A l'opposé prenons le parcours de François Hollande, qui malgré un passage par HEC (et encore), à sans l'ombre d'un doute été imbibé des mantras hyperétatistes lors de son séjour à Science Po et à l'Ena, à une époque d'ailleurs, où être keynésien était être de droite (et c'est toujours le cas pour les melenchonistes). Et nous pouvons réaliser le gouffre idéologique qui sépare les deux hommes.  

Certes l'idéologie n'a plus le vent en poupe en cette époque de relativisme et de pragmatisme effréné, et elle tend à se corroder chez les hommes politiques à force de compromis et de sournoiseries. Il en est ainsi du marché politique qui sélectionne les plus roublards et les moins intègres d'entre nous.

Mais il en reste tout de même, malgré ces années de vicissitudes, des réflexes quasi archaïques qui font que nos deux hommes n'auront décidément pas la même vision du monde, et encore moins de l'Europe.

dimanche 13 mai 2012

Faut-il se réjouir du revers électoral d'Angela Merkel ?













La presse Française semble se délecter du revers électoral de la matrone de la CDU, Frau Angela Merkel, alias la Némésis des Grecques, alias Mère la rigueur, lors du scrutin régional de Rhénanie-du-Nord-Westphalie . Cela préfigurerait sa défaite aux élections générales où le SPD, victorieux, serait le partenaire Européen idéal d'un François Hollande en mal de pacte de croissance à base de crédits bons marchés et de relances keynésiennes. Mais voilà, comme toujours, c'est trop vite oublier que les réformes initiées par les Allemands et qui ont faites de leur nation une des plus compétitives au monde, et dont la politique de bas salaires seraient, pour certains prétendus économistes, à l'origine de la crise (véridique! ), sont l'héritage de Gérard Schroeder, chef du SPD d'alors et bien entendu de gauche.  


Et c'est encore trop vite oublier que ces réformes, de tendances libérales au fond, seraient inapplicables dans notre pays, qui se distingue de n'avoir eu que des partis socialistes sur l'ensemble du spectre politique  (avec des nuances dans l'intensité de ce socialisme et de la bêtise) lors de ses inoubliables élections présidentielles. 


Imaginez ce qui sépare le SPD de notre partie socialiste, une galaxie conceptuelle.


Et même si le SPD remettait en cause la politique de discipline budgétaire que tente d'imposer Angela Merkel en Europe, et elle y arrive à peine puisque tous les pays n'ont cessé d'accroître leur dépense publique ces dernières années, spécialement dans de fameux plans de relance que tous préconisés en choeur ; rappelez vous, c'était le grand retour de Keynes, on a du mal à imaginer le travailleur et l’épargnant allemands se faire rogner du pouvoir d'achat par de grossiers subterfuges inflationnistes, tels les Eurobonds.  Depuis Weimar une mutation profonde et durable s'est implantée dans la génétique du Teuton, qui lui provoque immanquablement une réaction allergique lors de l'évocation du simple mot inflation, même si l'objectif de la limiter à 2% par la doxa de la Bundesbank m’apparaît trop élevé (elle était carrément de 0 lors de la fin du 19e siècle ).




Il se révolterait, et le SPD se ressaisirait automatiquement même s'il aurait voulu rompre avec la politique du prédécesseur et apporter le changement tant voulu lors de chaque échéance électorale ; ça ne serait pas la première fois qu'un parti politique manquerait à ses promesses. 


Et cela agace le technocrate Français, qui a toujours eu un penchant pour une inflation épurant sa gabegie financière qu'il aime bien essaimer dans les comptes publics. C'est que ça dépense le technocrate Français, le sort du pays est entre ses mains, et il doit y remédier dans de gros projets baveux de constructivismes. 


Et puis un obstacle de taille se dresse entre les deux pays, l'Europe, supposée les unir dans l'harmonie du bienheureux, mais dont on voit clairement qu'elle attise les haines, car elle veut se construire à l'image des États-providences, c'est-à-dire dans l'irresponsabilité institutionnelle. 


En fait, si le SPD advenait à prendre le pouvoir, la partie n'est pas encore gagnée, Angela est  très populaire, rien ne changerait en fait. La relation entre les deux pays serait toujours basé sur un quiproquo, une vision différente de l'Europe, l'une fondée sur la responsabilité et l'épargne, l'autre sur les dépenses tous azimuts et la consommation. 
Les clientèles électorales de chacun des pays ont des objectifs divergents voire antagoniques, l'une, allemande, a besoin de rester dans la course de la compétitivité mondiale, l'autre française, d’épurer ses dettes pour nourrir ce mastodonte qu'est devenu l'Etat.


Il est surprenant de voir à quel point la presse Française, très portée sur sa gauche, voit ses désirs  pour des réalités, à peine François Hollande élu, que l'Europe sent souffler un vent de socialisme libérateur. Désormais l'argent de l'autre sera disponible à souhait, et plus personne n'aura l'outrecuidance de faire assumer ses responsabilités à chacun et de ne pas vouloir payer. Car cela, le technocrate Français il n'aime pas. 


Vu la tournure que prend l'Europe, elle peut espérer longtemps. 

vendredi 11 mai 2012

L'anti-libéralisme des cures d'austérités













L’austérité fait la une des journaux, elle serait la Némésis de la Grèce et de l’Espagne . Le peuple de France, quand à lui, en élisant François Hollande, aurait signifié une fin de non-recevoir quand à son application, alors qu’il n’en a jamais connu les peines et qu’aucun candidat à la présidence n’en faisait mention, au contraire, on a eu droit à une surenchère dans les dépenses publiques.

Mais peu importe, qu’elle soit réelle ou fausse, cette austérité, pour les néo-socialistes qui pullulent sur nos médias affidés de l’Etat, serait la dernière arme des ultra-libéraux, qui oeuvrant depuis les sphères inatteignables de la finance, mettraient à genou les peuples d’Europe pour satisfaire leur soif de profits et s’affranchir des contrecoups de la crise.

Ainsi les peuples verraient leurs acquis sociaux se réduire comme peau de chagrin et des impôts s’abbatre en cascade sur leur tête, restaurant une misère que l’on croyait reléguée au 19e siècle et dont le seul souvenir était consigné dans les oeuvres de Zola.

Et ce n’est pas loin de la vérité, mais cela n’a rien de libéral, ni même d’ultra pour user de la sémantique des néo-socialistes. Ce n’est que la conséquence inéluctable des politiques socialistes mises en oeuvre depuis des décennies en Occident, et dont le supposé remède ne les remet pas en cause.

Examinons en détail le principe de ces mesures d’austérités.

Elles affectent des services que l’Etat pourvoit, tels la santé, l’education ou les retraites, et dont il a un monopole ou un quasi-monopole.

Et comme dans tout monopole, on assiste, à terme, à une réduction de la qualité du service produit, matériel ou immatériel, et à une augmentation de son coût que le client doit payer.

A noter que le client, le citoyen dans ce cas, ne paye pas directement dans la plupart des cas le ou les services en question, il le fait sous la contrainte, de façon détourné et invisible par le biais des impôts et des cotisations sociales. Ce qui a pour effet qu’il n’a pas connaissance du coût réel du service, et dont il peut parfois bénéficier en grande quantité sans égard à sa contribution, comme les prestations de santé. De plus la gestion du service n’est pas ou peu affectée par des pertes financières en cas de mauvaises décisions du fait qu’elles peuvent se renflouer sur le dos du contribuable. En somme, comme le disait Bastiat ; “les abus iront toujours croissants” et le système deviendra déficitaire, ce qui aggravera le mal.

Mais augmenter le coût du service ou en réduire la qualité n’est ni favorable à l’économie, ni du goût des citoyens, qui sont aussi des électeurs.

En conséquence pour éviter ces ajustement douloureux, les États se sont endettés pour payer le différentiel entre les recettes et les dépenses.

Les dettes s’empilant les unes sur les autres, et le déficit s’aggravant constamment, sans mentionner en détail les effets néfastes sur la croissance, l’endettement devient difficile, voire impossible, et il faut se résoudre à procéder aux ajustements. C’est-à-dire augmenter les coûts, les impôts et les cotisations en somme, et réduire la qualité du service, par exemple dérembourser des actes médicaux ou reculer l’âge de la retraite. C'est la fameuse cure d'austérité.

Inutile de préciser que ces ajustements n’aident nullement a restaurer une croissance déjà anémique, au contraire.

Alors que faut-il faire ?

En lieu et place de mesures d’austérités, il faudrait des mesures d'assainissement, selon l’expression employée par Madelin.

C’est-à-dire de mettre fin au monopole d’Etat sur ces services et de laisser le citoyen libre de  disposer de son argent. Il pourrait décider en son âme et conscience de l’affecter aux postes de dépenses désirés, sans obligation aucune de cotiser à une quelconque mutuelle ou assurance. Il serait totalement libre. En regard, 
pourraient se constituer pour pourvoir à ces services assurances, mutuelles, associations et établissements privés, en réponse à la demande, de la manière dont ils ou elles veulent, en concurrence et en respectant la liberté des contrats et les règles qui régissent les commerces usuels.

Les forces du marché opérant, à l’inverse du monopole cela provoquerait une diminution du coût des services et une amélioration de leur qualité. S’il en est ainsi depuis longtemps avec d'autres services pourquoi en serait-il autrement avec ceux-la ?

Mais alors qu’attendent les Etats pour appliquer ces mesures salvatrices ? Qu’est-ce qui les empêchent d’agir de la sorte et de libérer ces ressources cachées et considérables ?

Les raisons sont multiples, mais deux me paraissent les plus pertinentes.

La première est la main mise des politiques sur ces services, qui pour se faire élire en usent pour satisfaire telle clientèle électorale. Plus largement ils maintiennent indirectement leur pouvoir sur les citoyens et peuvent par ce biais acheter leur allégeance. C’est une arme redoutable, dont le grand inventeur fut Bismarck, qui était avant tout un militaire.

La seconde est liée aux administrations et aux prestataires des services monopolisés, dont les rangs, le pouvoir et le budget ont tendance à s’accroître ; le manque de moyen est une de leur revendication classique. Les postes qu’ils occupent y sont nombreux et parfois très rémunérateurs dans les hautes fonctions (mais ceux en bas de l’échelle peuvent être précaires), et que ce soit l’administration publique, les syndicats ou des corps de métier qui en bénéficient, ils ne sont pas prêts de voir la vache à lait se plier aux lois du marché.

Voilà pourquoi les Etats ne veulent pas abandonner ces prérogatives exclusives sur la production de ces services. La position d’une élite technocratique en dépend largement et elle ne veut pas lâcher le morceau, quitte à faire souffrir les plus pauvres. Elles préfèrent conserver en l’etat le système et son fonctionnement, c’est-à-dire l’idéologie socialiste et collectiviste qui l’anime.

En fait ces mesures d’austérités, qui n’ont rien de libérales, dévoilent aux yeux de tous la vraie capacité de production de pans entiers d’industries humaines sous la coupe du socialisme. Seule l’endettement avait différé le retour au réel et nous avez masqué cet état des choses. On se croyait plus riche qu’on ne l’était véritablement. On doit payer le service pour ce qu'il vaut réellement ou percevoir une qualité de prestations pour ce qu'on paye véritablement.


On parle de réforme, mais il n’en est rien. Le système et son vice majeur ; le socialisme, sont intactes. Et ils sont à l'opposé du libéralisme. Alors que celui-ci serait la solution aux problèmes.

Les cures d’austérités sont en effet injustes, car elles ne s'attaquent pas à la racine du mal ; le monopole, et les peuples ont raison de se révolter contre elles, car elles ne produiront rien de bon dans un avenir proche. Mais voilà, même ceux qui revendiquent les combattre, tel ce Alexis Tsipras en Gréce du parti contre l’austérité, vouent un tel culte à l’Etat providence et à ses prétendus droits sociaux qu’ils ne réalisent pas que leur divinité exigera toujours plus en sacrifice et qu'ils en payeront un prix très lourd.

mardi 8 mai 2012

Krugman n'a peur de rien



















A peine François Hollande élu et le parlement Grec en plein chaos, sort du bois Krugman qui y voit clairement et sans l’ombre d’un doute la révolte des peuples européens face aux mesures d’austérités imposées par le couple Merkozy  (bientôt Homer).


Rien de plus normal pour ce néo-keynésien aux idées sentant bon le formol. Mais à la lecture de ses propos, relayés par le Monde depuis le New York Times, on ne peut être que saisi de vertige devant cet étalement sans fin de poncifs et de sophismes en matière d’économie. 


Eh oui ! Avec Krugman, on fait un voyage dans le temps, on s’imagine arpenter les rue de la New-York des années 30 où se déploie triomphalement le New Deal de Roosevelt pour contrer (tenter de) les ravages causés par la crise financière de 29. Ce fut une sympathique époque où le capitalisme et le libéralisme sont remis en causes, vilipendés quotidiennement, mis aux bancs des accusés, attaqués de toute part, par tous les partis, de toutes les extrémités possibles et sur toutes les latitudes du globe. L’étatisme et la planification étaient la panacée à tous les problèmes, c'étaient très tendance.  


Bon sang ! Mais cela ne vous rappelle-t-il pas quelques choses ? Pardi oui, notre époque ! Où l’Etat depuis des années a fait un retour triomphal sur le devant de la scène pour remettre de l’ordre dans le chaos provoqué par un méta-libéralisme qui aurait métastasé dans les quatre coins du monde et de nos âmes. Et il n’est pas surprenant, qu’un brahmane tel Krugman, profite de la belle ambiance pour se refaire une cure de conseil en économie dirigiste dans les colonnes du journal de la Grande Pomme.


Et Krugman n’y va pas par le dos de la cuillère. Il est une chose certaine avec lui ; c’est un keynésien pur jus, un vrai, un dur, un monolithe d’interventionnisme étatique qui a passé l’épreuve du temps et qui jamais n’a connu aucune impuretés libérales. C’est qu’il ne fait pas dans la demi-mesure notre prix Nobel, il applique le dogme à la lettre.  La réduction budgétaire est une hérésie qui mérite que ceux qui la défendent finissent aux bûchers et le salut de tous ne passe que par l’accroissement des dépenses et des déficits de l’Etat (pas du votre, ils ne sont pas fous à ce point), qui seront le suc vital de toutes nos économies rendues cachectiques par d’injustes mesures d’austérités.
Je ne reviendrais pas sur le caractère anti-libéral de ces mesures d’austérités, et le flou qui domine quand à leurs applications, ce sera l’occasion d’un autre billet. 





Mais Krugman, en bon socialiste qui manipule les mots pour nommer un chat un chien, ne semble pas réaliser, qu’en France, à la différence de la Grèce du moins, il n’y a eu aucune mesure d’austérité digne de ce nom depuis des années, voire des décennies.


Au contraire quand les pays du sud furent dans le cœur de la tempête des dettes souveraines (et ils sont prêts d’y retourner rapidement, en fait ils y sont toujours), l’épargne, alors frileuse, s’est réfugiée vers ce qu’elle pensait être encore une valeur sûre ; l’Allemagne et la France, je sais c’était il y a peine un an, ne rigolez pas ! La note Française était 100% sûre, disait-on !

Du coup, la France a pu s’endetter facilement, à des taux d’intérêts avantageux, rêveurs aujourd’hui pour un particulier, ce qui non seulement lui a épargné de réduire l’once d’une dépense, mais l’a encouragé à les accroître pour mettre en œuvre des plans de relances…. Keynésiens. Et on peut en constater les résultats.

C'est triste à dire, mais malgré un chômage endémique, qui sévit depuis 20 ans et une précarisation de la société, la France n’a pas encore réduit quoi que ce soit de sérieux dans ses dépenses, d’Etat en général, et sociales en particulier. Je pourrais citer une faiblarde réforme des retraites qui a reculé l’âge de départ à la retraite de deux ans ( et sur laquelle François Hollande va revenir en parti). 


C’est peut être dur à entendre, mais la crise en France, n’est relayée que par les médias, elle n’a pas plus d’impact qu’une famine en Ethiopie ou qu’une guerre civile en Syrie. Elle égaye les soirées et anime les débats du soir. On parle en plus qu'on ne la vit.


L’austérité monsieur Krugman n’est pas encore arrivé en France, et il eu suffit de se donner la peine de lire tous les programmes politiques de tous nos candidats (je sais c'est chose pénible). Aucun, ne prônait une réduction de quoi que ce soit. C’était plutôt l’inverse, les dépenses augmentaient partout.


Il faut faire preuve d’une grande mauvaise foi pour affirmer que le vote de François Hollande était une rébellion devant des mesures d’austérités sans précédents, il eu fallut ne pas confondre les images provenant d’Athénes de celles de Paris.


Mais en bon keynésien, Krugman n’a que faire de la réalité et de sa manie d’avoir toujours le dernier mot en toute circonstance. L’étatisme et ses illusions sont plus rassurants.


Voilà, maintenant que j'ai fini je m'en vais au coin du feu assister à un petit discours de Roosevelt.

lundi 7 mai 2012

Hollande ne pourra pas être le président de tous les Français.















Comme tout bon Président fraîchement élu, François Hollande, transporté par sa victoire, a endossé son habit de grand commandeur de la République, de Président de tous les Français, de celui qui va au-delà des clivages et qui recherche l'assentiment de tous, sans exception, dans la réconciliation et la fraternité  ; ainsi il ne voit " pas deux France qui se font face", mais "une seule France, une seule nation réunie dans le même destin". 


Malheureusement dans ce projet de grande entente et d'union nationale, à la manière d'un Bayrou, et qui ne peut faire que l'unanimité, car rare sont ceux qui prospèrent en politique par la promotion de la discorde et de l’opposition, un obstacle de poids se dresse sur son chemin. Et il est de taille. Notre État-providence. 


Cet État-providence,  moteur de notre "vivre-ensemble" , ciment de la cohésion sociale, héritage de la Résistance, bien molle au temps de Vichy, est en fait à l'origine de toutes nos discordes et de tous nos maux, aussi bien sur le plan national que sur le plan international.


Et il n'y a rien de paradoxal à cela. 


L'accusé est la nature même de cet État-providence, sa mécanique interne et fondamentale, qui fait que les uns vivent aux dépends des autres. Chacun peut potentiellement prendre l'argent de l'autre, sans son consentement, et cela s'appelle du vol. Il serait impensable d'appliquer cette règle dans une cour de récrée, et pourtant c'est ce que l'on fait à l'échelle nationale, de manière institutionnalisée, légalisée, voire sacralisée, en drapant ces actes de violence sous le vocable de redistributions, de subventions, d'allocations, de justices sociales et fiscales etc..etc... 


Il est inutile de se voiler la face, malgré les bonnes intentions qui guident la mise en place de ces mesures, elles ne sont rien d'autres que des actes d’agressions, savamment déguisés, acceptés par tous, et qui, comme tous les actes de violence, sont incompatibles avec la vie en société. 


Les intérêts de chacun se retrouvent en conséquence en conflits avec ceux des autres. 


Chaque groupe, chaque corps de métier, chaque classe sociale, chaque individu au final, volé ou voleur, agressé ou agresseur, le plus souvent les deux, tentera de faire reporter la charge sur ceux qui ne peuvent pas se défendre. Et aujourd'hui les seules qui ne peuvent pas se défendre sont les générations futures. Elles ne sont pas encore nées, tant pis pour elles ! 


Ainsi, pour éviter toute reforme,ne serait-ce qu'atténuer la mécanique spoliatrice de cette machine infernale qu'est l'Etat-providence, notre nation, la France, s'est endettée massivement. Et tous les Présidents, sans exception, quel que soit leur obédience politique, s'y sont adonnés sans retenu.


Mais voilà, il faut bien qu'un jour les générations futures deviennent présentes, c'est très fâcheux je sais,  et comme elles ne semblent pas disposer à payer, ou elles sont dans l'incapacité de le faire, l'endettement sera de plus en plus difficile, alors il faudra supporter intégralement la charge maintenant. 


Quels seront les individu qui devront payer, ou du moins payer plus que ce qu'ils ne payent déjà ? C'est la seule question qui importera à l'avenir si l'on veut sauver notre "modèle social". En  d'autres termes, qui sera le maître de l'esclave ? 


L'emploi des termes est cru, mais il reflète bien la réalité d'un système qui en rien, malgré ses pétitions de principe à l'image des réunions internationales de l'ONU où les protagonistes se réclament pour la paix, ne concoure à assurer la paix sociale. 


Il ne peut y avoir de compromis dans un tel système, de solutions négociées, de dialogues sociales, d'union de tous les Français, toutes ces appellations ne prétendent qu'à justifier l'injustifiable. Il n'existe pas d'action intermédiaire entre le vol et le non vol, c'est soit l'un, soit l'autre. Les antagonismes sont tels, les divergences profondes, chacun campant sur ses positions, et à raison, car qui voudrait être le spolié dans l'affaire, que l'on ne voit à l'horizon aucune solution pacifique à ce problème inextricable et moralement insoluble.


Au mieux, par la passé, on a pu obtenir un statu quo, précaire, qui ne fit qu'acheter du temps, la dette en somme ! mais celui-ci en notre époque de crise vient à manquer de plus en plus. 


En réalité nous sommes dans une guerre civile institutionnalisée, légalisée, légitimée, raison pour laquelle elle perdure,  qu'elle est acceptée, qu'elle n'est pas reconnu pour ce qu'elle est : immorale. 


Il ne pourra y avoir d'entente entre les individus que s'ils adoptent les principes du libéralisme, c'est-à-dire qu'ils réprouvent toutes formes d’agressions, aussi travesties soient-elles. Et là, dans ce cas uniquement on pourra parler de cohésion sociale.


Rapidement Hollande ne sera plus le Président de tous les Français, ces prédécesseurs ont pu le faire par la dette (quoique Sarkozy a échoué lamentablement ). Lui, n'aura pas ce luxe. 


Et grâce à cela il n'aura pas menti sur une chose ; le changement sera pour maintenant (ou très bientôt).