lundi 9 décembre 2013

Et quelle est la valeur des monnaies d'Etat ?

Le Bitcoin fait de plus en plus parler de lui, et à un tel point qu'il extirpe de leur sommeil de léviathans ces institutions que sont les banques centrales, à l'instar de la banque de France qui met en garde le citoyen sans défense que nous sommes que « la valeur du Bitcoin n'est adossé à aucune activité réelle» ou de la Fed par la bouche de Greenspan, un de ses anciens président, qui doit déployer « un grand effort d'imagination pour se demander qu'elle est la valeur du Bitcoin»

Que Ron Paul déclare ne pas comprendre cette monnaie et ne pas en vouloir pour lui-même ; c'est en  phase avec ses convictions qui sont celles du libre choix monétaire.


Mais que ces commentaires soient ceux d'institutions monopolistiques que sont les banques centrales et qui n'ont eu de cesse  de dépouiller de leur valeur les monnaies qu'elles ont eu en charge est assez comique.

D'ailleurs les commentaires de la banque de France sont assez surprenant en la matière quand celle-ci avertit  que le Bitcoin « n'est garantie par aucun organisme centralisé. Les investisseurs ne peuvent acquérir leur fond en devise que si  d'autres utilisateurs désirent acquérir des Bitcoins».

Mais n'est-ce pas ce qui définit la monnaie ? Un bien que les gens veulent, certes non plus pour sa valeur d'usage, mais pour sa valeur d'échange. C'est justement parce que des gens veulent  acquérir des Bitcoins que ceux-ci prennent de la valeur. Cet exercice du libre choix est ce qui précisément donne de la valeur au bien, et s'en offusquer est assez surprenant.

D'ailleurs les monnaies dites d’État ne sont-elles pas aussi sujettes à ce même principe, du moins sur le plan international ? N’acquièrent-elles pas de la valeur parce que précisément d'autres utilisateurs en désirent ? Raison pour laquelle il y a une parité , cotée sur les marchés, entre les monnaies qui fluctuent avec le temps et qui reflètent le désir des investisseurs d'acquérir telles ou telles monnaies. Parité que les banques centrales tentent d'ailleurs de manipuler en poursuivant leurs fameux objectifs de taux d’intérêt. Cette manipulation qu'elles pratiquent au travers de rachats massifs d'actifs, tel les bonds du trésor, ont pour but justement de modifier le désir, ou les envies des uns et des autres à acquérir telle monnaie. Dans ces conditions ce n'est pas la monnaie qui est manipulée, mais les gens, et cela au premier sens du terme.

Ces pratiques des banques centrales et leur remarques à l'encontre de la monnaie Bitcoin est révélateur d'un état d'esprit : leur refus de se soumettre aux lois du marché, qui ne sont ni impersonnelles ni impitoyables, mais rien d'autres que l'application stricte des principes de liberté appliqués à chaque individu. Les banques centrales s'opposent aux jugements des individus. En effet elles obligent, concrètement, l'usage d'une monnaie sur un territoire donné, et cela de façon exclusif par un monopole monétaire. Si elles interdisent, par la force, l'usage d'une autre monnaie sur leur territoire, c'est qu'elles craignent une concurrence, sans quoi il ne serait pas nécessaire d'imposer par la violence ce monopole. Leurs dirigeants savent pertinemment, ou du moins ont des soupçons forts, que les gens abandonneraient leur monnaie, pour une autre, au vu de leur politique calamiteuse menée depuis un siècle.

Elles prétendent que le Bitcoin n'est adossé sur aucune valeur ? Mais qu'en est-il de leur monnaie ? Sur quoi sont-elles adossées ? A l'époque de Bretton-Wood, c'était au moins l'or, un bien tangible et palpable (sonnant et trébuchant). Mais aujourd'hui, sur rien ?

Si l'on reprend les avertissements de la banque de France ; un monnaie aurait de la valeur si elle est garantie par un organisme centralisé et si les investisseurs peuvent acquérir leur fond en devise car d'autres utilisateurs sont obligés de les accepter ou de leur en fournir ( ou bien que les banques centrales se portent à leur secours en leur fournissant les liquidités nécessaires aux détriments des autres). En gros qu'ils n'ont pas le choix de leur monnaie, ou que leur éventail de choix soit très limité. Ce qui nécessite l'usage de la force dans un cadre réglementaire. Et qui permet de pratiquer l'inflation, qui est platement un transfert de richesses massifs.

Ainsi c'est sur la force, ou la violence, que s'adosse les monnaies d’État. C'est cela leur valeur et qui reflète l'activité réelle des banques centrales. Cette force a pour objectif d'aller à l'encontre du jugement des gens, de s'affranchir de la sanction qu' expriment ces «utilisateurs» par leur refus de ces monnaies étatiques, et de pratiquer l'inflation à haute dose.

Le Bitcoin n'est peut-être pas la panacée monétaire, mais au moins il peut être choisi librement. Il a pu se développer dans un territoire échappant au contrôle des banques, à l'image de l'industrie anglaise qui a pris son essor dans des zones sous-administrées où ne s'appliquaient pas les règles contraignantes protégeant les vieilles corporations (la France était trop administrée pour connaître le même phénomène).

Mais sa valeur repose sur la liberté.

Alors que celle des monnaies des banques centrales repose sur la coercition. Ne faut-il pas, dans ces conditions, un grand effort d'imagination pour se demander qu'elle est la valeur des monnaies d’État ?

Qu'en pensez-vous cher Greenspan ?