dimanche 21 décembre 2014

La grande rigolade de la dette d'Etat

Jean-Luc Mélenchon, le 2 décembre.
Notre gauchiste National émérite, Melenchon, qui a le goût des formules chocs, considèrent que la dette de l’État français ; « c'est de la rigolade » . Notre trublion s'est empressé de faire référence à un membre des économiste atterrés, un certain Michel Husson, qui considérait comme stupide de faire un parallèle entre la  dette d'un État et celle d'un ménage ou d'une entreprise. Selon cette éminence ; un «  État renouvelle constamment sa dette et peut le faire puisqu'il est à priori (sauf crise exceptionnelle) immortel ».

Inutile d'aller plus loin dans les réflexions de ce personnage. Nous avons un cas patent d’idolâtrie étatique. C'est une maladie très répandu, mais malheureusement peu diagnostiquée.

D'abord, il est vrai qu'il est stupide de comparer la dette d'un État avec celle des particuliers ou d'une entité privée telle une entreprise. Les niveaux de responsabilités n'ont rien a avoir, et même la nature du produit est totalement différente.

Quand un État contracte une dette, cela se fait par l'intermédiaire de ses agents, c'est-a-dire les hommes d' États (fonctionnaires ou élus) qui n'engagent ni leur responsabilité ni hypothèquent aucun de leur fond personnel, mais à l'inverse engagent l'argent du contribuable, qui n'est pas le leur. Et point important, lors du remboursement du crédit en question, ils pourront ne plus être au même poste et seront remplacés par d'autres.

Mieux encore, qui remboursera la dette ? Les contribuables. Mais qui sont-ils ? On ne le sait pas véritablement. On se réfère à la masse des contribuables, dans son ensemble. Aucun d'entre eux n'a conscience d'avoir, par le biais de l'État, contracté une dette. Se sentent-ils obligés de remplir les termes de contrat ? Ils peuvent quitter le pays, refuser de payer les impôts ou se révolter.

En fait, le prêteur confie son argent à des individus qui en rien n'engagent leur responsabilité, et promettent le remboursement de cet argent ( avec intérêt) par les rentrés fiscales issue d'une masse de contribuables qui n'ont pas véritablement conscience d'avoir à rembourser un quelconque prêt. Dans le privé, un contrat avec de tel terme est inconcevable. 

Le seul point, dans ce contrat opaque, qui rassure les prêteurs ; c'est le monopole de la violence dont dispose l' État et qui lui permet lever des impôts ( mais aussi la propagande étatique et une législation qui encourage/oblige les prêteurs). Ils font confiance à l' État pour faire main basse sur les biens des particuliers en toute circonstance.


La vidéo suivante nous apporte un bien bel éclairage



Et c'est bien cela qui au contraire rend la dette d' État très dangereuse et instable.

Le fait de s'imaginer que quoi qu'il arrive l' État est pérenne et ne peut pas faire faillite, car c'est une éventualité qui n'a jamais été considéré comme possible dans la tête de nos ayatollah Étatique, aggrave paradoxalement son risque de faillite. Car ses agents, s’imaginant à leur tour immortel, réduiront au maximum toute attitude prudentielle. Les prises de risques et les décisions court-termistes seront démultipliées et la faillite de l' État deviendra un véritable cygne noir qui fera vaciller tout le système.

D'ailleurs Husson évoque tout de même cette possibilité, par un aveu en mettant entre parenthèse  un « sauf crise exceptionnelle » quand il énonce l'immortalité de cet État. Et par définition une crise est exceptionnelle.

Le fait que l' État tire ses revenus de l'impôt n'arrange pas les choses. Les impôts ont un caractère destructeur sur la société réduisant rapidement ses ressources et a moyen terme  les rentrées fiscales. Ce qui l'oblige à soit augmenter ces impôts ou à lever de la dette qui sera remboursée par des impôts futurs. Dans tous les cas la nocivité de l’impôt perdure et s'accroît et l' État s'affaiblit, rendant difficile le remboursement des dettes.

La dette de l' État est un outil dangereux pour la société dont abuseront, sans vergogne les Hommes de l' État pour arriver à leur fin. Elle se fonde sur un outil de spoliation massif, l'impôt, et dont les termes ont été signé par une entité, l' État, qui ne représente véritablement personne, si ce n'est un concept abstrait qu'est le peuple. Ses termes et son taux peuvent être manipulés à loisir, par des ordonnances ou des lois, et ceux qui vont, par la force, la rembourser ne seront peut-être pas les mêmes que ceux à l'époque où elle a été contracté.

Les sub-primes en  comparaison sont bien plus fiables.

Dans ces conditions, Melenchon a raison ; il vaut mieux en rigoler qu'en pleurer.








2 commentaires:

  1. Contrairement à J-L Mélenchon, je ne dirai pas que la dette publique est de la rigolade puisque que c'est l'alibi aux politiques de réduction de dépenses et de hausses d'impôts néfastes à l'activité économique. Par contre, il a entièrement raison lorsqu'il explique que la dette (et donc le budget) d'un Etat n'a rien à voir avec celui d'un ménage ou celui d'une entreprise.

    a. Comme il est dit, un Etat est immortel, il ne disparaîtra pas du registre du commerce comme une entreprise qui fait faillite. Un Etat peut faire défaut, mais pas faillite au sens d'une entreprise (défaut et faillite sont différents même si souvent, par abus de langage on parle d'Etat en faillite alors qu'il est en défaut de paiement). Il peut mourir (et j'imagine que c'est ce que veut dire m. Husson) lors d'une guerre, d'une annexion, d'un séparatisme, d'un cataclysme, autrement dit pour des causes extra-économiques, contrairement à une entreprise qui est mortelle pour des causes économiques.

    b. Un Etat peut assez facilement jouer sur les recettes (avec une certaine marge), contrairement à un ménage ou à une entreprise. C'est l pour cela ue la budget d'un Etat ne se construit pas comme celui d'une entreprise ou d'un ménage. On commence par décider des dépenses et ensuite on règle les recettes (impôts) pour financer ces dépenses. Exactement le contraire qu'un ménage. Et c'est d'ailleurs ce qu'explique Fiorentino.

    c. Un Etat a ce privilège de la création monétaire qui lui permet toujours de s'en tirer.

    d. Un Etat a une place particulière dans le cycle économique, ce qui se matérialise par le multiplicateur keynésien. 1 euro dépensé pourra engendré davantage d'activité économique, or comme les impôts sont indexés sur l'activité économique, une partie de la dépense se financera elle-même.

    Lionel

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    1. Merci pour votre message et je me permet de vous répondre sur chacun des points :

      a : Mais c'est par ce que l'on s'imagine l'Etat immortel, ou du moins ne pouvant disparaître comme une entreprise que cela est plus dangereux et conduit à ne pas prendre les mêmes précautions qu'avec une entreprise. Une entreprise doit se plier aux lois de l'économie ( et de la vie en société) alors qu'un Etat tente de s'en affranchir ( ce qui est impossible)

      b : c'est parce que l'Etat peut puiser dans les ressources de ses citoyens qu'il peut se permettre ce genre de construction budgétaire. Les hommes de l'Etat s'imaginent par le biais de la propagande qu'ils peuvent à volonté (ou presque) puiser dans les ressources des particuliers.

      c : la création monétaire est en effet un privilège mais dont les conséquences sont désastreuses à moyen et long et peuvent mettre en péril l'Etat lui-même.

      d. Je ne partage pas la théorie keynésienne qui relève de la charlatanerie. Elle n'est qu'un prétexte commode pour justifier les dépenses d'Etat qui en rien ne permettent croissance et prospérité, mais l'inverse justement.

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